Sélénium: quelques non-conformités dans l’eau du robinet

Le 01 novembre 2012 par Romain Loury
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Mieux vaut ne pas en abuser.
Mieux vaut ne pas en abuser.

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) vient de livrer un rapport plutôt rassurant sur l’exposition de la population au sélénium, malgré une non-conformité de 2,15% des eaux destinées à la consommation humaine (EDCH).

En France, la limite de qualité du sélénium dans les EDCH est fixée à 10 microgrammes par litre, seuil qui s’est trouvé dépassé dans 2,15% des prélèvements recensés par la base SISE-Eaux entre 2001 et 2011. Sans surprise, ce sont les départements dont le socle géologique est le plus riche en sélénium qui reviennent le plus souvent: Loiret, Essonne, Seine-et-Marne, Vienne, Marne, Eure-et-Loir, etc.

Or, même dans ces cas de non-conformité, les limites de sécurité fixées, en 2006, par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) semblent respectées. En ajoutant l’exposition alimentaire de la population française et celle par l’eau du robinet [1], les experts de l’Anses aboutissent à des résultats inférieurs à ces valeurs-seuils. Avec un apport quotidien de 112 µg, les adultes les plus exposés au sélénium via l’eau du robinet se situent ainsi en dessous de la limite de sécurité de 300 µg fixée par l’Efsa.

La situation semble plus limite pour les enfants de moins de trois ans: ceux qui boivent une eau du robinet peu conforme se situeraient à 56 µg par jour, aux alentours des 60 µg de sécurité pour cette classe d’âge.

Remplissant divers rôles biologiques, notamment au niveau thyroïdien, le sélénium peut s’avérer toxique lorsqu’il est en excès, provoquant entre autres une chute des phanères (ongles et cheveux) et des lésions cutanées. Chez l’animal, plusieurs études ont suggéré «des effets cardiovasculaires, hépatiques, endocriniens, liés à la reproduction et au développement», voire cancérigènes, rappelle l’Anses.

Depuis le précédent avis français, publié en 2004 par l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa), deux études sont venues jeter le trouble. Menée par une équipe italienne, la plus récente (2010) suggérait un risque de sclérose latérale amyotrophique (maladie de Charcot). Des travaux entachés de «faiblesses méthodologiques», «n’apportant pas d’éléments de nature à modifier les conclusions de l’avis de l’Afssa de septembre 2014», juge l’Anses. [1] Les données d’exposition alimentaire sont issues de la deuxième Enquête de l’alimentation totale (EAT2), publiée en juin 2011 par l’Anses.

Quant aux EDCH, les experts partent d’une hypothèse de 1 litre d’eau du robinet par jour jusqu’à l’âge de 18 ans, et de 2 l par jour pour les adultes. Le tout à une concentration de 30 µg/l, valeur du 95e percentile des non-conformités dans SISE-Eaux.



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