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Sel et cancer de l’estomac: la piste bactérienne

Le 25 avril 2013 par Romain Loury
Manger moins de sel, mais plus de fer.
Manger moins de sel, mais plus de fer.

Un régime alimentaire trop chargé en sel favoriserait le cancer de l’estomac en y accroissant la virulence d’Helicobacter pylori, bactérie impliquée dans l’ulcère, selon une étude chez l’animal publiée dans la revue Infection and Immunity.

«Au moins 50% de la population humaine est infectée par Helicobacter pylori, mais 90% de ces personnes ne présentent aucun symptôme», rappellent Jennifer Gaddy, de la Vanderbilt University School of Medicine de Nashville (Tennessee), et ses collègues.

La bactérie, qui colonise l’estomac, y est responsable d’ulcères et de cancers. Or son action cancérigène serait fortement favorisée par le sel, révèle l’étude menée par les chercheurs américains sur un petit rongeur, la gerbille de Mongolie. Ce qui pourrait expliquer pourquoi le sel est lui aussi un important facteur de risque de cancer de l’estomac.

L’équipe a d’abord infecté ces animaux avec Helicobacter pylori, nourrissant certains d’entre eux avec un régime riche en sel, d’autres avec un régime normal. Quatre mois plus tard, tous ceux du premier groupe avaient développé un cancer de l’estomac, contre 58% dans le second groupe.

Autre découverte, le rôle de la protéine cagA, produite par la bactérie: lorsque les gerbilles étaient infectées par une souche de H. pylori n’exprimant pas cette protéine procancéreuse, aucune d’entre elles ne développait de cancer. Et pour cause: les chercheurs montrent que le sel entraîne chez la bactérie une surproduction de cagA, qui résulte en une inflammation de l’estomac, une hausse du pH gastrique, puis un cancer. «Un régime riche en sel potentialise les effets cancérigènes des souches de Helicobacter pylori porteuses du gène cagA», commentent les chercheurs.

Si ces conclusions restent à démontrer chez l’homme, l’équipe rappelle que «dans plusieurs endroits du monde présentant un taux élevé de cancer gastrique, on observe une prévalence élevée d’infections par des souches cagA+ et une alimentation chargée en sel». Outre le sel, un trop faible apport en fer, également facteur de cancer de l’estomac, pourrait agir via Helicobacter pylori. D’autres travaux ont en effet montré que la protéine cagA se trouvait surexprimé lorsque le fer était présent à de trop bas niveaux.



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