Sel: des problèmes cardiaques programmés in utero

Le 04 avril 2012 par Romain Loury
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Avant le biberon, ce n'est pas bon non plus.
Avant le biberon, ce n'est pas bon non plus.

Une trop forte exposition au sel lors de la vie in utero pourrait favoriser les problèmes cardiaques à l’âge adulte, selon une étude brésilienne menée chez l’animal.

C’est un véritable phénomène de programmation fœtale que révèle l’étude menée par l’équipe de Joel Claudio Heimann, de l’université de São Paulo: trop de sel in utero favoriserait les troubles cardiaques à l’âge adulte, mais seulement en réponse à une surconsommation de sel.

Principe de leur expérience: trois groupes de rates enceintes ont reçu une alimentation à teneur en sel pauvre (0,15%), moyenne (1,3%) ou excessive (8%). Après une jeunesse sans excès, la progéniture devenue adulte était divisée en deux groupes, teneur en sel normale (1,3%) ou trop élevée (4%).

A la naissance, les nouveau-nés exposés in utero à un régime très salé présentaient un plus gros cœur. La différence s’atténuait par la suite, pour ressurgir à l’âge adulte, seulement chez les rats reprenant trop de sel: hypertrophie du ventricule cardiaque gauche, épaississement de sa paroi postérieure et du septum interventriculaire [1].

En France, comme dans la plupart des pays développés, la consommation de sel dépasse largement les apports nutritionnels conseillés. Alors que les experts estiment que 4 grammes par jour suffisent à l’adulte, les dernières données françaises, issues de l’étude Inca 2 de 2007, font état d’une consommation moyenne journalière de 7,7 g.

[1] Le ventricule gauche reçoit le sang oxygéné et le réexpédie dans le corps par l’aorte. Le septum interventriculaire le sépare du ventricule droit, qui reçoit le sang veineux et l’envoie aux poumons.



Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus