Ségolène Royal met de nouveau le feu à la cheminée

Le 18 décembre 2015 par Hélène Huteau
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Près d'un quart des émissions de particules, dans certaines zones, proviennent des flambées
Près d'un quart des émissions de particules, dans certaines zones, proviennent des flambées

Malgré les multiples études confirmant leur participation à la pollution de l’air par les particules, Ségolène Royal a réitéré l’autorisation de feux d’agrément à foyer ouvert. Une décision injustifiable du point de vue sanitaire.

C’est le cadeau de Noël de Ségolène Royal aux détenteurs d’un foyer de cheminée ouvert –c’est-à-dire sans insert. Ils vont pouvoir faire de belles flambées pendant les vacances, en toute légalité. La préfecture de Paris et d’Ile-de-France a publié deux arrêtés dans ce sens, le 15 décembre, modifiant le plan de prévention de l’air (PPA) qui les interdisait, qu’ils soient utilisés en mode de chauffage principal ou en simple agrément.

«Pour une fois que la préfecture prenait une mesure courageuse, ils sont obligés de se désavouer!», commente Franck Laval, porte-parole d’Ecologie sans frontière. C’est en effet la préfecture qui avait validé ce PPA en 2013, suivant les recommandations de la Direction régionale et interdépartementale de l'environnement et de l'énergie (DRIEE) et d’après les études d’Airparif sur l’origine des particules respirées.

Un quart des émissions de PM en Ile-de-France

Car, bien que beaucoup de Français –Franciliens compris- l’ignorent, les particules issues de la combustion du bois composent entre 4 et 23% des émissions de particules (PM) en Ile-de-France, selon les zones, celles pavillonnaires étant les plus concernées. En termes de concentration dans l’air que l’on respire, elles représentent 7 à 8% des PM inhalées par les Franciliens. Les feux de cheminée sont donc une source de pollution de l’air non négligeable, en zone urbaine et rurale, même s’ils viennent après le diesel.

En janvier 2015, Ségolène Royal avait fait naître la polémique en voulant donner ce plaisir aux Franciliens, au nom de l’écologie positive, quitte à traiter Airparif de «sectaire» et la décision de la préfecture de «ridicule» dans les médias. Un arrêté avait déjà été pris, le 21 janvier, pour modifier la mise en application du PPA. L’arrêté modificatif a cependant été annulé par le tribunal administratif de Paris en juillet 2015, à la suite d’un recours formé par l’association Ecologie sans frontière, au motif que le PPA n’avait pas lui-même été modifié en conformité avec l’arrêté.

Ecologie sans frontière attaque

Cette fois, la forme est sauve mais l’association a affirmé au JDLE son intention d’attaquer à nouveau sur le fond, dès janvier. Les études sont en effet difficilement contestables. En outre, la France est déjà en contentieux avec l’Europe pour non-respect des valeurs-limites sur les PM10, dans 11 territoires régionaux, avec de lourdes amendes à venir. Mais surtout, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), une exposition chronique à ces particules inférieures à 10 microns entraîne des maladies cardio-vasculaires, respiratoires et des cancers pulmonaires. En effet, ces PM transportent des substances toxiques capables de passer la barrière air/sang au niveau des alvéoles pulmonaires.

Or, selon le scénario sur la qualité de l’air à l’horizon 2020 d’Airparif, incluant les mesures du PPA, 2% de la population francilienne serait toujours concernée par les dépassements de seuil de particules dans 5 ans. On peut donc penser très légitimement –sauf nouveau revirement- que cette population sera plus nombreuse avec la décision «d’écologie positive» qui vient d’être prise par la ministre.

 

 

 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus