Ségolène Royal met au parking le projet autoroutier A 381

Le 28 juillet 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les désirs des élus locaux se sont brisés sur la volonté de la ministre de l'écologie.
Les désirs des élus locaux se sont brisés sur la volonté de la ministre de l'écologie.
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La ministre de l'écologie a décidé de s'opposer au projet d'autoroute A 381, a-t-elle indiqué à l'AFP en précisant qu'elle ne lancerait pas la procédure d'appel d'offres.

Ce faisant, c’est à un vieux projet autoroutier que Ségolène Royal vient de donner un coup d’arrêt. L’A 831, tronçon de 64 kilomètres reliant Fontenay-le –Comte (Vendée) à Rochefort (Charente-Maritime), est l’un des projets lancés par le programme autoroutier Balladur de 1994. Le Premier ministre de l’époque entend tout à la fois relancer le BTP, désenclaver le sud de la Vendée et désengorger le tissu routier reliant la Vendée à la Charente-Maritime. En décembre 1999, Lionel Jospin, alors Premier ministre, annonce officiellement qu’il fera inscrire le projet au schéma des services collectifs de transport. L’autoroute sera concédée et comme prévu traversera le marais poitevin sur une vingtaine de kilomètres.

Préserver le marais poitevin

Ironie de l’histoire, quelques jours plus tôt, la France a été condamnée par la Cour européenne de justice pour manquement à ses obligations de protection du… marais poitevin. Il est vrai que le parc naturel régional avait été déclassé en 1996 pour avoir failli à sa mission de préservation d’une des plus belles zones humides d’Europe.

Malgré la découverte par des agents de l’Office national des forêts (ONF) de la Rosalie des Alpes (Rosalia alpina), superbe coléoptère protégé qui niche sur le tracé, les pouvoirs publics inscrivent, en octobre 2000, le projet au schéma directeur. Montant du devis: 2,9 milliards de francs, soit 444 millions d’euros. C’est finalement le gouvernement dirigé par Dominique de Villepin qui signe, le 12 juillet 2005, la déclaration d’utilité publique. Il faudra encore 6 ans pour que l’administration Fillon, cette fois, lance la procédure de mise en concession autoroutière. A l’époque, le montant du devis atteint les 560 M€. Le 5 décembre dernier, le secrétaire d’Etat aux transports, Frédéric Cuvillier avait annoncé qu’il allait rapidement engager le processus de sélection de l’entreprise concessionnaire de la nouvelle autoroute.

Economiser l'argent public

Plusieurs raisons expliquent la décision de la ministre de l’écologie. D’une part, le marais poitevin vient de recouvrir son label de parc naturel régional, perdu en 1996. L’ancienne présidente du conseil régional de Poitou-Charentes estime en outre que l’électrification de deux lignes de chemin de fer locales et l’élargissement d’une route nationale est plus urgente. Enfin, la locataire de l’hôtel de Roquelaure entend économiser les deniers publics. Car, en une décennie, le coût du projet a quasiment doublé. Et avec lui la participation de l’Etat qui se serait élevée à 137 M€.

 



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