Ségolène Royal enterre le barrage de Sivens

Le 16 janvier 2015 par Stéphanie Senet
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Le projet initial menaçait 13 hectares de zone humide
Le projet initial menaçait 13 hectares de zone humide

Le projet controversé du barrage de Sivens (Tarn) a été officiellement enterré, ce 16 janvier, avec la publication du rapport d’experts préconisant deux solutions alternatives, qui bénéficient du soutien du ministère de l’écologie.

 

Le choix devra désormais se faire entre un réservoir de taille plus modeste, à 330 mètres en amont de l’actuel site, et une série de retenues latérales et collinaires. «La réalisation du projet initial n’est plus d’actualité. J’ai validé les deux solutions alternatives», a déclaré la ministre de l’écologie Ségolène Royal. Le président du conseil général du Tarn m’a fait part de son intérêt pour ces deux nouveaux projets et de sa volonté d’organiser dès la prochaine session un débat de l’assemblée départementale», a-t-elle poursuivi, en référence au rendez-vous prévu fin janvier.

Près de trois mois après la publication d’un premier rapport critiquant vivement le projet initial, Nicolas Forray et Pierre-Alain Roche (Conseil général de l’environnement et du développement durable ou CGEDD) devaient trouver des solutions de compromis. Au final, ils proposent de réduire de moitié le volume de stockage dédié à l’irrigation (12% des surfaces cultivées), désormais évalué à 750.000 mètres cubes (avec 10% de marge d’erreur). Comme le signalait le Collectif de sauvegarde de la zone humide du Testet, les besoins de stockage avaient été largement surestimés par le conseil général, maître d’ouvrage du projet, parce qu’ils étaient basés sur une méthode de calcul ancienne, en fonction des besoins forfaitaires à l’hectare, datant de 1997.

 

Un réservoir ou des retenues en amont?

Premier scénario: un réservoir de taille plus réduite est construit sur le site de Sivens, à 330 m en amont, épargnant la moitié des 13 hectares de zone humide impactés par le projet initial. Ses atouts: une gestion simple, un coût modéré et une réduction des impacts écologiques, qu’il s’agira toutefois de préciser dans une nouvelle étude d’impact.

Deuxième scénario: une retenue latérale au Tescou de 300.000 m3 est créée en amont du site de Sivens, ainsi que deux autres retenues latérales dans le lit majeur de la rivière (150.000 m3 au total) et une retenue collinaire de 300.000 m3 sur le ruisseau de Bayssière. Elle a pour avantage majeur d’épargner l’essentiel de la zone humide et d’éviter tout obstacle à la continuité écologique.

Dans les deux cas, les auteurs recommandent la création d’une instance locale de pilotage et une commission locale de l’eau (CLE) chargée d’élaborer un schéma d’aménagement et de gestion des eaux (Sage).

 

Oppositions aux solutions alternatives

L’abandon du barrage a été vivement critiqué par les agriculteurs partisans du projet. La FDSEA du Tarn et la chambre d’agriculture réclament le maintien d’un barrage à Sivens dont la capacité de stockage serait seulement limitée à 1Mm3 au lieu de 1,5 Mm3 initialement.

Au contraire, les opposants au projet, réunis au sein du Collectif de défense de la zone humide du Testet, se sont félicités, sans pour autant valider les solutions alternatives. «Nous demandons de nouvelles études car nous estimons qu’aucun ouvrage n’est nécessaire», a déclaré Ben Lefetey, son porte-parole.



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