Sécurité alimentaire: toujours plus de ruptures de production

Le 28 janvier 2019 par Romain Loury
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Une agriculture mondiale sous tension
Une agriculture mondiale sous tension

Qu’ils touchent les cultures, l’élevage ou la pêche, les chocs alimentaires, à savoir des ruptures de production, deviennent de plus en plus fréquents, révèle une étude publiée lundi 28 janvier dans la revue Nature Sustainability. Parmi les causes principales, les évènements climatiques extrêmes, en premier lieu la sécheresse.

 

Dans un monde qui doit produire toujours plus d’aliments pour nourrir sa population en forte croissance, cette étude a de quoi inquiéter. Menée par l’équipe de Julia Blanchard, du Centre for Marine Socioecology de l’université de Tasmanie à Hobart (Australie), elle a porté sur 226 ruptures de production survenues entre 1961 et 2013 dans 134 pays, portant aussi bien sur les cultures, l’élevage, la pêche et l’aquaculture.

Les résultats révèlent une tendance, certes avec de fortes variations, à une recrudescence de ces évènements au cours de cette période de 53 ans. Du fait de sa forte croissance, l’aquaculture présente la tendance la plus prononcée.

Cultures: le climat impliqué dans 53% des cas

Parmi les causes principales de ces chocs alimentaires, les chercheurs évoquent en premier lieu les évènements climatiques extrêmes, impliqués dans 53% d’entre eux pour les cultures, dans 23% pour l’élevage. Pour ce dernier secteur, ce sont toutefois les conflits humains qui l’emportent, avec 41% des chutes de production.

Pour la pêche, 45% des chocs alimentaires sont liés à la surpêche et à l’épuisement des stocks, 23% à des crises géopolitiques, 13% à des évènements climatiques. Dns l’aquaculture, ce sont les maladies, touchant les élevages, qui arrivent en tête.

Climat en Asie, conflits en Afrique

Les causes varient par région mondiale: en Asie du Sud-est, les causes climatiques dominent, alors qu’en Afrique subsaharienne, les conflits l’emportent. Ces deux principales raisons sont d’ailleurs à l’œuvre dans les récentes crises alimentaires, aussi bien en Afrique et au Moyen-Orient, à l’origine de la remontée des chiffres de faim dans le monde depuis 2010.

Outre cette vulnérabilité croissante des systèmes alimentaires, l’alimentation mondiale évolue vers toujours plus d’interconnexion. Exemple, de nombreux pays d’Afrique de l’ouest achètent 96% de leur riz à la Thaïlande, ce qui les met dans une périlleuse de dépendance alimentaire, au cas où ce dernier pays se verrait empêché de produire assez. Idem pour les pays arabes, dont une étude publiée en 2015 par l’Inra a montré leur dépendance toujours plus forte aux importations.



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