Sécheresse: les agriculteurs autorisés à faucher

Le 24 mai 2011 par Geneviève De Lacour
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Le gouvernement va réunir le fonds de garantie des calamités agricoles pour aider les exploitants et autoriser immédiatement le fauchage, alors que l'agriculture française, frappée par la sécheresse, est en crise sur plus de la moitié du territoire.44 départements sont concernés par des mesures restreignant certains usages de l'eau, selon les derniers chiffres du ministère de l'écologie publiés le 23 mai dernier.

Selon une dépêche AFP du même jour, le fonds, qui est doté d'une centaine de millions d'euros, sera réuni d'ici fin juin, a annoncé le ministre de l'agriculture Bruno Le Maire sur la radio Europe 1. Le ministre va rassembler les préfets de région «dans les tout prochains jours pour faire le point des besoins financiers  avec eux, exploitation par exploitation», a-t-il précisé.

«Le fonds va forcément être mobilisé», a déclaré à l'AFP Xavier Beulin, président de la FNSEA, le principal syndicat agricole. «Quand je vois l'état des fourrages, des pâtures, dans la plupart des régions de France, il est évident qu'on va en avoir besoin», mais cela passera par des expertises et «ne pourra se faire qu'à partir de juillet-août», lorsque les pleins effets de la sécheresse devraient être connus, a-t-il prévu.

Le gouvernement va également autoriser immédiatement le fauchage, sans attendre la date du 15 juin qui était prévue dans certains départements. Car, selon Bruno Le Maire, «il y a une situation d'urgence». La sécheresse, qui va se traduire par des rendements plus faibles, pousse certains éleveurs à abattre une partie de leur bétail pour pouvoir nourrir leurs bêtes, a-t-il fait valoir.

«C'est une mesure que nous attendions, car la nature a pratiquement trois semaines d'avance par rapport à une année normale», a expliqué Xavier Beulin, évoquant des surfaces qui «sont en train de jaunir et de dessécher» et qui seront bientôt inutilisables par les éleveurs.
 
Un impôt Sécheresse, comme celui de 1976, ne semble pas pour l'instant à l'ordre du jour. Le ministre de l’agriculture a indiqué que ce n'était pas à lui de s'exprimer sur son éventuelle création, tandis que la ministre de chargée de l'écologie Nathalie Kosciusko-Morizet a estimé le 21 mai dernier qu'il était «trop tôt» pour l'envisager.
Quant à la FNSEA, elle ne réclame pas un tel impôt, «qui serait impopulaire», selon son président. En revanche, Xavier Beulin souhaite la mise en place d'un plan de stockage de l'eau hivernale pour prévenir de telles situations, et demande à l'Union européenne de faire preuve de solidarité, au-delà du versement anticipé des aides déjà envisagé et qui, selon Xavier Beulin, «n'est jamais qu'une avance de trésorerie». Le syndicat a alerté ses réseaux bancaires habituels sur les besoins de trésorerie des éleveurs.
 
De son côté, le gouvernement a écrit aux banques, appelant banques et assurances à la solidarité. «Il est normal que les banques, que nous avons soutenues pendant la période de crise en 2008, jouent aussi le jeu et voient ce qu'elles peuvent faire pour soutenir les exploitants, en matière de trésorerie, de report d'intérêts, de dette», a déclaré le ministre.
Depuis deux ou trois semaines, les assureurs refusent les nouvelles souscriptions de contrat pour risque climatique, parce que le risque «est avéré», ce qui «n'est pas contestable en soi», a précisé Xavier Beulin, qui souhaiterait parvenir à un accord avec les assureurs sur des contrats sur plusieurs années afin de mutualiser les risques. Le code des assurances interdit la souscription de contrat en cas de risque avéré, fait valoir Groupama.
 
La FNSEA est par ailleurs en train de mettre en place des contrats entre céréaliers et éleveurs pour que ces derniers puissent nourrir le bétail.


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