Sécheresse: les agences de l'eau visées par l'UFC

Le 09 août 2005 par Christine Sévillano
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Dans le cadre de ses réclamations sur la sécheresse, l'UFC-Que choisir s'attaque désormais aux agences de l'eau, dont elle a comparé les coefficients de redevance à la consommation. Elle relève d'importantes inégalités que l'agence Adour-Garonne justifie par des décisions de politique locale.

L'association de consommateurs UFC-Que choisir s'en prend cette fois à «la politique archaïque menée par les agences de l'eau». Si du côté des ménages, sur qui pèsent une grande partie de la facture, et des industries, l'UFC note des efforts pour réduire la consommation d'eau, notamment en raison des prix élevés, l'association affirme que les agriculteurs n'ont pas quant à eux diminuer leurs prélèvements -80% de la consommation d'eau. «Et pour cause, ils bénéficient d'une logique de gestion au sein des agences de l'eau qui leur est favorable», dénonce Alain Bazot, président de l'UFC-Que choisir.

Les 6 agences de l'eau, réparties sur le territoire en fonction des grands bassins, décident la redevance à la consommation en fonction des spécificités locales. «Il s'agit d'un outil vertueux pour agir sur l'usage de l'eau. Mais le coefficient de cette redevance est plus bas dans les régions les plus touchées par la sécheresse et plus particulièrement en Midi-Pyrénées, en Aquitaine, dans le Pays de Loire et en Poitou-Charentes», affirme François Carlier, chargé de mission environnement à l'UFC-Que choisir. Alors que le coefficient est élevé dans des régions moins affectées comme la Picardie. L'association les a en effet comparés: l'agence Adour-Garonne pratique le coefficient le plus bas avec 0,23 centime d'euros par mètre cube (m3) contre 1,14 à 1,50 centimes pour les agences Artois-Picardie, Rhin-Meuse et Seine-Normandie. «Les agriculteurs du sud-ouest sont donc six fois moins taxés que le nord! Il est tout de même paradoxal que les régions, où le risque de sécheresse est plus élevé, pratiquent des coefficients bas. Cela reflète des dérives localistes», souligne François Carlier.

Outre l'absence de coefficient incitatif pour réduire les usages agricoles de l'eau, l'UFC pointe aussi les irrigations excessives effectuées dans le sud dues, notamment, à la culture du maïs. «Rappelons qu'elles permettent d'accroître de 20% les revenus des exploitants puisque l'irrigation permet de bénéficier d'aides supplémentaires de l'Europe, dans la cadre de la politique agricole commune (Pac) et surtout le rendement agronomique est bien meilleur. Dans le même temps, la redevance ne représente que 1% du coût total de l'irrigation», poursuit François Carlier. L'UFC propose donc une harmonisation des redevances, des fourchettes fixées au niveau national auxquelles devraient se conformer les agences de l'eau afin d'inciter les agriculteurs à se tourner vers d'autres cultures moins consommatrice d'eau: «C'est une anormalité de cultiver en France du maïs qui est une plante tropicale, très demandeuse en eau en été. La Pac doit également jouer un rôle afin de se détourner de ce type de céréales». A ce titre, l'association propose aussi d'instaurer une aide à la reconversion pour les agriculteurs, ainsi qu'un contrôle annuel de l'activité des agences.

A l'agence de l'eau Adour-Garonne, la plus visée par l'UFC, on rappelle que les agences sont des organisations décentralisées avec une autonomie financière qui interviennent en fonction d'un programme d'intervention quinquennal décidé par le comité de bassin. Cette structure, composé pour un tiers de personnel administratif, un tiers d'élus et un tiers d'usagers (agriculteurs, industriels et association de consommateurs); arbitre donc le niveau des redevances et les projets. «Il faut rappeler que les agences sont les garantes de la solidarité financière entre les différents usagers de l'eau, une solidarité qui profite un peu plus, dans le sud-ouest, aux agriculteurs et industries agroalimentaires qui sont les forces vives de la région. Les problématiques sont différentes au sud et au nord», explique Robert Estrade, attaché de presse de l'agence Adour-Garonne. Il souligne aussi que son organisme administre 25 départements, contre 3 pour l'agence Artois-Picardie, et que la pluviométrie diffère du nord au sud.

Les professions agricoles, appuyées par le ministère chargé de l'agriculture, proposent pour leur part une croissance de la ressource, en augmentant notamment les stocks hivernaux. L'UFC affirme son désaccord: «Cela va coûter cher aux collectivités en investissements afin de construire des barrages ou des retenues collinaires pour peu de résultats. Nous allons conserver notre surconsommation et, dans quelques années, quand ces nouvelles ressources seront taries, le problème sera de nouveau posé», conclut François Carlier.




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