Sécheresse en Californie: et dans trois ans?

Le 24 août 2015 par Romain Loury
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Un été 2015 ravageur
Un été 2015 ravageur
Cal Fire

Et si la sécheresse californienne se poursuivait quelques années de plus? Selon un rapport publié par le Public Policy Institute of California, les mesures mises en place permettraient à la population de résister, en particulier en ville. Déjà plus qu’inquiétant, le bilan pourrait en revanche être catastrophique pour la forêt et la faune sauvage, dont plusieurs espèces pourraient disparaître.

En avril dernier, le gouverneur démocrate Jerry Brown lançait un plan d’urgence visant à réduire de 25% la consommation en eau des Californiens par rapport à 2013. L’objectif a été globalement atteint, voire dépassé, avec une baisse de 27,3% au niveau de l’Etat, selon un bilan dressé fin juillet.

Serait-ce assez pour affronter l’avenir? Tout porte en effet à croire que cette sécheresse, la plus forte jamais connue par l’Etat, ne va pas s’arrêter de sitôt. Et même si tel était le cas, elle constitue un bel exemple de qui attend le Golden State au cours du XXIème siècle: selon une étude publiée jeudi 20 août, 15 à 20% de la sécheresse actuelle serait directement imputable au réchauffement climatique.

Dans une autre étude publiée jeudi, le Public Policy Institute of California, think-tank indépendant siégeant à San Francisco, dresse un portrait en demi-teinte de ce qui attend l’Etat si la sécheresse venait à se prolonger deux à trois ans de plus. Premier constat, il n’y a pas de risque majeur à attendre du côté des villes, qui comptent 95% de la population.

«Les villes vont devoir poursuivre la diversification des sources d’approvisionnement et mieux gérer la demande, mais il y a peu de chances qu’elles soient confrontées à d’extrêmes pénuries», expliquent les experts. L’économie californienne, qui croît plus vite que la moyenne américaine, devrait rester assez peu affectée.

L’agriculture encaisse

Secteur évidemment sensible, celui de l’agriculture. Là aussi, les chercheurs se montrent plutôt confiants: la perte de revenu agricole n’atteint que 4% depuis le début de la sécheresse, et la profession semble, pour l’instant, plutôt bien s’adapter. Certes, en pompant allègrement les nappes phréatiques, ainsi qu’en laissant de plus en plus de terres en jachère, avec des retombées déjà tangibles en termes d’emploi.

Plus problématique, le sort des communautés rurales isolées, en particulier celles à faibles revenus vivant dans la Vallée centrale de Californie. «En juillet, on recensait déjà plus de 2.000 puits asséchés dans des communautés hébergeant parmi les résidents les plus vulnérables de l’Etat», rappellent les auteurs. Et nombre de ces puits pourraient ne jamais retrouver leur niveau initial, lorsque les pluies reviendront.

Poissons et oiseaux en danger

Selon le rapport, c’est pour la faune et pour les forêts que la sécheresse serait la plus catastrophique. En particulier pour les poissons d’eau douce, qui souffrent autant de l’assèchement de leur habitat que de la hausse des températures: sur les 129 espèces que compte la Californie, dont deux tiers sont présentes uniquement dans l’Etat, une centaine est déjà considérée comme menacée ou en voie d’extinction.

Les chercheurs prévoient même que 18 espèces, dont des saumons et des truites, pourraient rapidement disparaître du fait de la sécheresse en cours. Selon eux, l’une des solutions consisterait à étendre les programmes de conservation, en élargissant les couvoirs déjà en place, quitte à ce que certains se détournent momentanément de l’élevage commercial.

Egalement menacés, les oiseaux vivant dans les zones humides, dont les canards, les oies et les hérons. Outre des difficultés croissantes à se nourrir, ils pourraient être sujets aux maladies, du fait de plus grands regroupements.

Quant aux forêts, elles semblent également en bien mauvaise posture. Outre une forte mortalité des arbres du fait de la sécheresse, les feux pourraient s’intensifier au cours des prochaines années.

Au terme d’un été particulièrement ravageur, Calfire, organisme chargé de la lutte contre les incendies en Californie, estime que les feux ont ravagé 58.400 hectares cette année depuis le 1er janvier, contre 35.800 hectares sur la même période en 2014.



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