Sécheresse: des solutions d’adaptation pour le monde agricole

Le 23 octobre 2006 par Agnès Ginestet
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Le 19 octobre, l’Inra a présenté son rapport d’expertise «Réduire la vulnérabilité de l’agriculture à un risque accru de manque d’eau». Les pistes d’action proposées portent notamment sur les pratiques culturales.

Des épisodes de sécheresse identiques à ceux que l'on a connu en 2003 et 2005 pourraient se reproduire et devenir plus réguliers. C'est pourquoi le ministère chargé de l'agriculture a commandité cette expertise collective pilotée par l'Institut national de la recherche agronomique (Inra). La solution de l'augmentation de la ressource en eau n'est pas abordée, mais il est question de l'optimisation de la gestion de la ressource existante.

Les experts se sont notamment penchés sur différentes stratégies d'adaptation des systèmes de culture pour limiter la vulnérabilité au manque d'eau, que ce soit pour les systèmes irrigués dont on cherche à réduire la consommation d'eau mais aussi pour les systèmes non irrigués. En effet, la part de surface agricole utile irriguée en France n'est que  de 6% environ.

«Les arrêtés préfectoraux interdisant l'irrigation sont la pire des solutions car ils sont appliqués au moment où la valeur agricole est la plus importante», a indiqué Henri Tardieu, de la Compagnie d'aménagement des coteaux de Gascogne. «Limiter l'irrigation en début de campagne est une bonne idée, mais c'est une catastrophe pour le maïs d'arrêter en milieu de cycle au 15-20 juillet», a indiqué Luc Servan, de la Chambre d'agriculture Poitou-Charentes.

Cette région est l'une des plus problématiques en ce qui concerne la gestion d'eau. «Nous avons beaucoup d'eau, mais il y a de la concurrence l'été avec l'ostréiculture, le tourisme, les marais….», a ajouté Luc Servan. C'est pourquoi à certains endroits de la région, l'emploi de variétés de maïs plus précoces a permis une «esquive» de la sécheresse en 2005 car la floraison a été atteinte dès la fin juin. Le risque de perte de rendement est diminué, mais le rendement maximum atteignable est également abaissé.

Pour Philippe Debaeke, membre du groupe d'experts qui a réalisé l'étude, gérer l'apport d'eau en irriguant uniquement quand il le faut ne suffira pas à réaliser des économies suffisantes pour faire face aux éventuelles pénuries. La stratégie de l'esquive en remplaçant le maïs par d'autres espèces moins consommatrices d'eau comme le blé peut par exemple permettre d'irriguer avant les grandes périodes estivales de restriction. Le maïs nécessite en effet entre 150 et 300 millimètres (mm) d'eau par an alors qu'à conditions égales (sol, climat, etc.), le blé en exige seulement de 0 à 120 mm.

Une autre possibilité consiste à adopter une stratégie de tolérance, c'est-à-dire choisir une espèce ou variété intrinsèquement tolérante à la contrainte hydrique. Le sorgho et le tournesol ont un enracinement efficace en profondeur et offrent une alternative intéressante au maïs en situation de pénurie d'eau. Mais, selon Luc Servan, la modification des cultures pose un problème de rentabilité car les filières n'existent pas. Le prix du quintal de tournesol est bas et beaucoup d'agriculteurs préfèrent donc continuer à cultiver du maïs quitte à le semer plus tôt.

Au final, les décisions de combinaison de stratégies d'un agriculteur dépendront «de son degré d'aversion par rapport au risque économique et climatique, et de l'information dont il disposera pour objectiver ses décisions», indique le rapport.




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