Sécheresse: des dommages irréversibles sur les écosystèmes aquatiques

Le 26 septembre 2019 par Stéphanie Senet
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Une surmortalité difficile à évaluer au plan national
Une surmortalité difficile à évaluer au plan national

Réduisant la sécurité de l’approvisionnement en eau potable, la sécheresse quasi-généralisée en métropole accroît la mortalité de la faune aquatique continentale.

 

«Il est impossible de dresser une synthèse nationale de la mortalité des espèces aquatiques en l’absence d’un suivi généralisé et d’un protocole d’évaluation. Toutefois, nous assistons à des situations critiques dans de nombreux endroits», prévient Nicolas Poulet, en charge de la biodiversité aquatique continentale à l’Agence française de la biodiversité (AFB).

Si la surmortalité piscicole s'est étendue, elle n’est pas seulement due à l’assèchement des cours d’eau. «Des poissons meurent avant même l’assec, en raison du réchauffement de la température de l’eau, qui provoque une désoxygénation et une surprédation de certaines espèces», explique le spécialiste de l’AFB.

 

Bloom algal

Les espèces vivant dans les petits cours d’eau sont particulièrement exposées, comme l’écrevisse à pattes blanches, l’une des trois dernières espèces indigènes, dont l’aire de répartition s’est considérablement réduite depuis les années 1960. La sécheresse l’a placé dans un état proche de l’extinction estime l’AFB. 

Si la flore aquatique est aussi victime de la sécheresse, certaines algues, elles, prolifèrent. «La baisse des débits augmente la quantité de nutriments, et en particulier les nitrates et les phosphates. Ce qui accélère les blooms d’algues filamenteuses et de cyanobactéries», observe Nicolas Poulet.

 

85 départements encore touchés

Et ce n’est pas fini. Si la pluie est revenue dans le quart nord-ouest de la France et en Méditerranée au cours des derniers jours, 85 départements restent touchés de plein fouet par la sécheresse, dont 50 en état de crise selon le site Propluvia du ministère de la transition écologique.

Des arrêtés de restriction d’usages de l’eau y sont toujours en vigueur. Selon Météo France, l’indice d’humidité des sols indique des niveaux record de sécheresse dans la région Centre Val-de-Loire, en Auvergne et en Bourgogne. «Avec le réchauffement climatique, ces événements vont se multiplier. Si l’on veut être en mesure de s’y préparer, il est urgent de restaurer ces milieux», conclut Nicolas Poulet.