Saturnisme chez l’enfant: un dépistage en hausse depuis 1995

Le 18 novembre 2008 par Sabine Casalonga
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Environ 9.000 enfants ont eu un premier test de plombémie en 2005, soit trois fois plus qu’en 1995, d’après une étude conduite par l’Institut de veille sanitaire (InVS) et publiée le 18 novembre dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) (1).

L’équipe de Philippe Bretin de l’InVS a conduit une étude sur le dépistage du saturnisme chez l’enfant en France et son évolution depuis 1995. Un enfant est considéré comme souffrant de saturnisme lorsqu’il présente une teneur en plomb dans le sang (plombémie) supérieure ou égale à 100 microgrammes par litre (µg/l).

D’après leurs résultats, le nombre total de tests de plombémie a doublé entre 1995 et 2005. L’augmentation du dépistage, très nette à partir de 2002, résulterait des actions lancées les années précédentes et de l’adoption de textes législatifs. Il existe néanmoins une forte hétérogénéité géographique. Ainsi, la région Ile-de-France regroupe 60% des enfants dépistés pour la première fois sur la période 2003-2004. Le risque de saturnisme lié aux peintures au plomb est prépondérant (habitat ancien, habitat dégradé, travaux récents). Pour 66% des cas diagnostiqués en 2006, l’enfant demeure dans un habitat collectif, et pour 73%, le logement est sur-occupé.

La proportion de cas de saturnisme parmi les enfants primo-dépistés est passée de 24% en 1995 à 4,7% en 2005. «Cette diminution est sans doute en rapport avec une probable baisse de la prévalence du saturnisme dans la population française, mais l’extension progressive du dépistage à des populations moins exposées a pu également jouer un rôle», indiquent les auteurs. L’importance de cette baisse et les caractéristiques des enfants ayant des plombémies élevées seront estimées par l’enquête nationale de prévalence organisée par l’InVS en 2008-2009 (2).

«La stabilité du nombre de cas de saturnisme détectés chaque année -environ 500- indique qu’il existe toujours des enfants surexposés en France, qui doivent être repérés afin d’agir sur les conditions de vie», indiquent les auteurs. Qui préconisent notamment de coupler le dépistage du saturnisme et celui du traitement de l’habitat indigne.

(1) «Dépistage du saturnisme chez l’enfant en France depuis 1995: pratiques, résultats, évolutions, recommandations», Philippe Bretin et coll., BEH n°44 (18 novembre 2008)

(2) Voir l’article du JDLE «Lancement d’une enquête nationale sur le saturnisme»


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