Sargasses: l’Etat accusé de mettre en danger la vie d’autrui

Le 28 septembre 2018 par Stéphanie Senet
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Records d'échouage cette année en Guadeloupe et Martinique
Records d'échouage cette année en Guadeloupe et Martinique

Un collectif guadeloupéen a profité de la visite du président Macron aux Antilles pour déposer une plainte pour mise en danger d’autrui, le 27 septembre. Il dénonce la carence de l’Etat face à l’envahissement croissant des côtes par les algues sargasses, apparues de façon massive en 2011.

Alors que les échouages d’algues brunes devraient battre tous les records cette année, le Collectif contre l’empoisonnement par les sargasses a décidé de passer à la vitesse supérieure. Présidé par Patrick Karam, l’ancien délégué interministériel à l’Outre-mer sous Sarkozy, il estime que «les collectivités locales, sans moyens, ne peuvent plus faire face à cette situation. Et le gouvernement refuse de prendre intégralement à sa charge le coût du ramassage des algues et refuse aussi d’instituer un fonds d’indemnisation pour les particuliers, les collectivités et les professionnels.» «La prise en charge du problème par l’actuel gouvernement a été trop tardive», complète l’avocat de l’association, Bernard Benaiem.


Premier pas en juin dernier
Il a fallu attendre juin 2018, en effet, pour que l’ancien ministre de la transition écologique Nicolas Hulot annonce un plan de lutte doté de 10 millions d’euros sur deux ans pour la Martinique, la Guadeloupe, les îles du Nord et la Guyane. Avec une participation de l’Etat à hauteur de 50%, le reste provenant de financements européens et des collectivités locales.


Ramassage d’urgence
Nicolas Hulot avait également instauré l’idée d’un ramassage en 48 heures chrono, sur le conseil de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). Celle-ci préconisait un ramassage «le plus vite possible» pour limiter les risques sanitaires liés aux émanations de sulfure d’hydrogène et d’ammoniac issues de la décomposition des algues. Ces émanations peuvent provoquer des nausées, des maux de tête et des vomissements.


Aucune indemnisation
Aucune mesure n’avait été annoncée en faveur de l’indemnisation des victimes alors que de nombreux appareils électroniques tombent en panne à cause de l’hydrogène sulfuré, et que les pêcheurs sont fréquemment bloqués au port par des amas d’algues brunes. Des amas qui ont plus largement coupé du monde, début mai, les îles guadeloupéennes la Désirade, Marie-Galante et les Saintes, en bloquant les hélices de tous les bateaux.
Et la venue du président Macron n’a rien changé. En Guadeloupe les 28 et 29 septembre, après la Martinique hier, le chef d’Etat n’a fait aucune déclaration à l’heure où nous bouclons ce journal.



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