Santé : Quand le thé vert fait mal au foie

Le 23 janvier 2013 par Romain Loury
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Les dangers du thé vert.
Les dangers du thé vert.

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) a décidé de se pencher sur les risques des préparations à base de thé vert, après avoir reçu 17 signalements d’effets indésirables de nature hépatique.

thé vert : le remède miracle ?  

 

Cancer, diabète, problèmes cardiovasculaires… qu’il soit vert ou noir, le thé est souvent vanté pour ses prétendus effets préventifs. Des lauriers à nouveau tressés lors des récentes Journées européennes de la Société française de cardiologie: boire au moins trois tasses de thé par jour serait protecteur contre les maladies cardiovasculaires, ont rappelé des médecins.

Face à ces louanges récurrentes, les deux avis que vient de publier l’Anses au sujet du thé vert ont un petit air d’inattendu. L’agence y fait état «de nombreux effets indésirables en lien avec la consommation de préparations à base de thé vert (…) à travers le monde». En France, elle indique avoir reçu 17 signalements entre mai 2009 et mai 2011.

Lors de l’étude Inca 2, détaillant la consommation alimentaire des Français, 891 des 2.624 adultes interrogés déclaraient boire du thé. Parmi les 576 ayant mentionné le type de thé, 222 en buvaient exclusivement du vert, à raison de 1,5 tasse par jour chez ceux qui en prenaient quotidiennement.

Compléments alimentaires, cures, un vrai danger 

Dans tous les cas (15 femmes et 2 hommes, âgés de 19 à 72 ans), il s’agissait d’hépatites, dont l’imputabilité au thé vert a été jugée «vraisemblable» dans 7 cas, «très vraisemblable» dans 1 cas. Un nombre certes faible au vu de la consommation totale de thé vert dans le pays, mais qui incite à «poursuivre une surveillance attentive des cas déclarés dans le système de nutrivigilance», juge l’Anses.

Ces 17 personnes avaient consommé du thé vert sous forme de compléments alimentaires, à l’exception d’une, celle dont le cas était d’imputabilité «très vraisemblable»: la jeune femme, âgée de 19 ans, avait bu 6 bols de thé vert par jour pendant 3 mois dans le cadre d’un régime amincissant. «A l’arrêt de la consommation, les transaminases [enzymes hépatiques, ndlr] se sont normalisées et les douleurs abdominales ont disparu», indique l’Anses.

 

 

Si les incertitudes scientifiques sont nombreuses quant aux effets des nombreux composants du thé vert, le second avis de l’Anses souligne particulièrement l’abondance de l’un d’entre eux, le gallate du (-)-épigallocatéchol (ECGC). Une molécule de la classe des catéchols, à laquelle l’autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) a accordé une dose journalière admissible (DJA) de 0,5 milligramme par kilo de poids corporel, sur la base de travaux montrant une toxicité hépatique chez l’animal.

«En retenant les valeurs les plus élevées de la littérature, la DJA de ce composé peut être dépassée avec des préparations de thé vert dans certaines conditions de préparation ou d’utilisation usuelles», indique l’Anses.

Pallier les risques

Notamment en buvant le premier infusat du thé -les Chinois quant à eux le jettent, ne buvant que le second. Ou encore en recourant à certains compléments alimentaires à base de thé vert, aux «compositions insuffisamment caractérisées, très variables selon les lots et les origines géographiques». Des produits qui devraient même être «évités sans un avis médical», et dont l’étiquetage devrait mentionner les risques en cas de surdosage, estime l’Anses.

Face au flou des connaissances, «il est indispensable de disposer de données complémentaires, notamment des résultats de dosage d’EGCG actualisés dans différents produits disponibles sur le marché français et selon différents modes d’utilisation afin d’être en mesure de mieux caractériser l’exposition des consommateurs», conclut l’agence.

 



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