Santé: les centrales au charbon européennes mises à l’index

Le 07 mars 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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L'Europe compte plus de 300 centrales au charbon.
L'Europe compte plus de 300 centrales au charbon.

Dans un rapport publié aujourd’hui 7 mars, l'Alliance pour la santé et l'environnement rappelle que l’activité des centrales thermiques consommant du charbon a de graves conséquences sanitaires en Europe.

Après les véhicules diesel et les réseaux de métro, c’est au tour des centrales électriques au charbon de subir les foudres sanitaires des associations. Ce jeudi 7 mars, l'alliance pour la santé et l'environnement (HEAL) a établi le bilan des émissions atmosphériques des 330 centrales thermiques consommant du charbon en Europe.

Selon l’organisation (à laquelle sont rattachées 65 associations dont Générations futures et le réseau Environnement-santé), les rejets du «King Coal» seraient responsables, chaque année en Europe, de 18.200 décès prématurés, de 2,1 millions de journées d’hospitalisation, de 4,1 millions de journées de travail perdues et de 28,6 millions de cas de maladies respiratoires. «Les résultats sont particulièrement inquiétants étant donné que l'utilisation du charbon est en train d'augmenter après des années de déclin. Les coûts étonnamment élevés pour la santé humaine devraient déclencher une refonte majeure de la politique énergétique de l’UE», estime Genon Jensen, directrice exécutive de HEAL.

Pour parvenir à de tels résultats, HEAL s'appuie sur les études des médecins membres de l'European Repiratory Society (ERS). Le coût annuel des maladies respiratoires en soins et en pertes de journées de travail est évalué entre 15,5 et 42,8 milliards d'euros. La Pologne, la Roumanie et l'Allemagne, trois pays où le charbon est massivement utilisé dans la production d’électrons, supportent près la moitié de ces coûts, souligne le rapport.

En France, le montant annuel de la facture est évalué entre 697 millions et 1,8 Md€. En Europe, les centrales au charbon représentent une capacité installée de 200 gigawatts et produisent, bon an, mal an, le quart de l’électricité que nous consommons. Elles sont à l’origine de l’émission de 1,2 milliard de tonnes de CO2, mais aussi d’importants tonnages de particules fines, de mercure et autres métaux lourds, d’oxydes d’azote et de soufre.

Si la méthode de calcul de l’ONG n’est pas connue, ses résultats apparaissent relativement crédibles, au regard des statistiques officielles américaines. Outre-Atlantique, les 316 GW de capacités au charbon émettent 1,7 Mt CO2/an et d’importants volumes d’autres polluants. L’agence fédérale de protection de l’environnement (EPA) estime que l’activité de ces centrales est responsable, au minimum, de 4.200 à 11.000 décès prématurés, 130.000 crises d’asthme et 3,2 millions de journées d’arrêt de travail. Coût total pour la société américaine: entre 37 et 90 milliards de dollars par an (28 à 69 Md€).

Dans son étude, l’association européenne souligne qu’une cinquantaine de centrales thermiques au charbon sont encore en projet en Europe. Selon nos estimations, ce sont près de 80 centrales qui sont effectivement dans les cartons des électriciens d’ici 2020. Le tout pour une cinquantaine de gigawatts de puissance installée.

Faut-il en déduire que la qualité de l’air européen va encore se dégrader? Pas nécessairement. Car avec la mise en œuvre de la directive sur les émissions industrielles, les plus anciennes (et polluantes) chaudières seront arrêtées dans les toutes prochaines années. Au Royaume-Uni, un tiers du parc thermique sera mis au rebut. En revanche, les installations qui seront mises à feu prochainement bénéficieront de chaudières à haut rendement et de systèmes de dépollution plus efficaces que ceux utilisés précédemment.



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