Santé: le mauvais pli des budgets européens

Le 21 novembre 2012 par Romain Loury
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Un nouveau mot d'ordre en Europe ?
Un nouveau mot d'ordre en Europe ?

Conséquence de la crise, les dépenses de santé par habitant ont reculé en Europe en 2010, une première depuis 1975, selon un rapport publié vendredi 16 novembre par la Commission européenne et l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

Jusqu’alors en augmentation constante, avec une hausse annuelle de +4,6% en moyenne sur la dernière décennie, les dépenses de santé par habitant ont diminué de 0,6% entre 2009 et 2010, montre ce Panorama de la santé 2012. Un recul qui atteint jusqu’à 7,9% en Irlande, 7,1% en Islande et 6,7% en Grèce.

La France, dont les dépenses de santé par habitant ont augmenté de 0,2% entre les deux années, figure parmi les pays épargnés. Elle fait moins bien que l’Allemagne (+2,7%), les deux pays arrivant à égalité quant à la part de la santé dans le produit intérieur brut (PIB) (11,6% en 2010). Bon élève de l’Europe, les Pays-Bas consacrent 12% de leur PIB à la santé, avec une hausse de 2% entre 2009 et 2010.

Selon la Commission et l’OCDE, les économies se feraient sur le dos des programmes de santé publique et de prévention, plus faciles à comprimer que les dépenses consacrées aux soins aigus. Qu’il s’agisse de vaccination, tabagisme, alcool, alimentation ou exercice physique, la prévention ne récolterait que 3% des dépenses de santé sur l’ensemble des pays.

Or «il peut être beaucoup plus rentable de dépenser maintenant pour prévenir les maladies que de les traiter plus tard», rappelle le rapport. Si certains indicateurs sont plutôt bons, avec une baisse du tabagisme et de la consommation d’alcool sur les dernières décennies, l’obésité ne suit pas une bonne pente. Plus de la moitié des Européens (52%) sont désormais en surpoids et 16% sont obèses, chiffre atteignant même 28,5% en Hongrie et 26,1% au Royaume-Uni.

Selon le rapport, ces données 2010 ne montrent pourtant pas «d’aggravation des résultats dans le domaine de la santé qui serait due à la crise». La donne pourrait changer: selon plusieurs experts, l’effondrement du système de santé en Grèce ne serait pas étranger au retour de plusieurs maladies (paludisme, fièvre West Nile) dans le pays, ni à la hausse de 57% par rapport à 2010 des cas d’infection par le VIH diagnostiqués en 2011.



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