Santé: extension de l’obligation vaccinale, avec adjuvants aluminiques

Le 02 décembre 2016 par Marine Jobert
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De 3 à 11 vaccins obligatoires?
De 3 à 11 vaccins obligatoires?
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Accueil mitigé de l’avis du Comité d’orientation de la concertation citoyenne sur la vaccination, qui préconise de passer de 3 à 11 vaccins obligatoires, avec la faculté pour les parents de les refuser. Le lien entre l’injection de particules d’aluminium et la survenue de maladies reste exclu, à la grande colère des associations de patients.

Comment restaurer la confiance des Français dans les vaccins? Après deux enquêtes d’opinion, la constitution de deux jurys (de citoyens et de professionnels), après avoir reçu plus de 10.000 contributions en ligne et organisé 44 auditions, le Comité d’orientation voulu par Marisol Touraine a rendu publiques ses conclusions le 30 novembre 2016. Il recommande le scénario d’un «élargissement temporaire de l’obligation vaccinale avec clause d’exemption, jusqu’à ce que les conditions soient réunies pour une levée de l’obligation». Une opinion tranchée, qui fait grincer des dents les associations de patients, qui estiment que leurs vues n’ont pas été restituées.

Meilleur compromis

En clair, il s’agit de passer des trois vaccins[1] aujourd’hui obligatoires à 11 vaccins[2] obligatoires pour une durée non précisée et à la charge de la collectivité. Une clause d'exemption verrait le jour, qui permettrait aux parents ne voulant pas faire vacciner leur enfant de s’engager par écrit «à assumer les responsabilités civiles de leur refus, incluant un risque de non-admission de l’enfant en collectivité». Ce refus, révisable à tout moment, serait porté sur le carnet de vaccination. Une solution qui apparaît au Comité «comme le meilleur compromis entre les impératifs de santé publique et l’acceptabilité par la population» et aurait «vraisemblablement pour avantage une meilleure acceptabilité par une partie de la population».

Reconquérir la confiance

Paradoxalement, le Comité affiche une volonté de lever, à terme, toute obligation vaccinale. Mais un sondage d’opinion mené en 2016, qui indique qu’environ 20% des parents de moins de 30 ans ne feraient pas vacciner leur enfant en cas de levée de l’obligation, lui fait craindre une diminution de la couverture vaccinale. D’où la recommandation, diversement soutenue d’un jury à l’autre, d’étendre le nombre de vaccins obligatoires, le temps de «reconquérir la confiance des citoyens».

Absence de lien causal

Avec la tumultueuse et coûteuse campagne de vaccination contre la grippe H1N1 en 2009, après le scandale du Mediator, la question de la présence d’adjuvants aluminiques dans les vaccins aujourd’hui commercialisés reste un enjeu fort. La lettre de saisine du Comité, rédigée par la ministre de la santé, n’en fait pourtant pas mention et elle n’est pas énumérée parmi les causes de la méfiance grandissante des Français à l’égard de la vaccination. Quelques lignes y sont pourtant consacrées dans la synthèse, pour réaffirmer son caractère indispensable pour une vaccination efficace et réaffirmer, à l’instar de la Haute autorité de santé, «l’absence de lien causal entre l’administration de vaccins contenant des adjuvants aluminiques et des maladies auto-immunes ou inflammatoires telles que la myofasciite à macrophages».

L’aluminium, grand absent

 «Imposer une obligation vaccinale maximaliste, plutôt que de traiter les signaux d’effets secondaires, ça n’est pas tenable», dénonce Romain Gherardi[3]. Auditionné à deux reprises par le Comité, chef du service d’histologie-embryologie de l’hôpital Henri Mondor (Créteil), ce professeur est celui qui a établi le lien entre la présence de l’hydroxyde d’aluminium utilisé comme adjuvant dans les deux tiers des vaccins et la survenue de symptômes comme la fatigue chronique, des troubles cognitifs ou de fortes douleurs musculaires, pathologies regroupées sous le terme de myofasciite à macrophages. «Nous avons assisté à un abandon des victimes (passées, présentes, futures) de l’aluminium vaccinal», estime l’association de patients E3M, qui dénonce des conflits d’intérêts parmi le collège d’experts. «Le Comité ne s’est pas contenté d’animer le débat, mais il a fait des choix, et des questions soulevées par les jurys de citoyens et de professionnels qui ne lui plaisaient pas ont été tout simplement écartées», dénonce Didier Lambert, son président. «Le Comité a occulté les vrais questions qui fâchent et qui seraient de nature à restaurer la confiance des citoyens envers les vaccins», renchérit Jean-Louis Roumégas, député écologiste de l’Hérault, en citant notamment le fait d’avoir écarté la préconisation, pourtant formulée par le jury citoyen, de la remise sur le marché d’un DTP sans aluminium.

Actions en réparation

Romain Gherardi estime toutefois que l’extension de l’obligation vaccinale pourra, le cas échéant, rendre possibles des actions en justice. «On passe alors du tribunal civil, qui exige un haut niveau de probabilité, au juge administratif qui exige un niveau de preuve moins maximaliste.» Et de rappeler que par 12 fois, les juridictions administratives ont reconnu l’existence d’un lien probable entre vaccin aluminique et la maladie de patients vaccinés.

De nouveaux adjuvants?

Le Comité, tout en estimant que «le recours à des vaccins protéiques sans adjuvant, comme suggéré par le jury citoyen, ne peut (…) être envisagé [car les adjuvants sont nécessaires à l’efficacité des vaccins non vivants]», rappelle que des recherches sont en cours sur d’autres molécules adjuvantes. «[Ces dernières] n’ont pas pour but de remplacer les sels d’aluminium dont l’efficacité et la sécurité d’utilisation sont bien démontrées dans les vaccins existants», assure le Comité, tout en mentionnant quelques phrases plus loin que «le temps nécessaire pour le développement opérationnel (qui implique les tests de sécurité et d’efficacité) d’un nouvel adjuvant qui remplacerait les sels d’aluminium est de l’ordre de 10 ans». «Cette phrase-là a déjà été énoncée il y a 5 ans par le Haut comite de santé publique, soupire Romain Gherardi. On a perdu 5 ans depuis!»

 



[1] Diphtérie, tétanos et poliomyélite.

[2] Contre la coqueluche, la bactérie haemophilus influenzae de type B, le virus de l'hépatite B, le pneumocoque, le méningocoque de sérogroupe C et les virus de la rougeole, des oreillons et de la rubéole.

[3] Auteur de ‘Toxic Story, deux ou trois vérités embarrassantes sur les adjuvants des vaccins’, Actes Sud.

 



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