Santé et réchauffement: les enfants en première ligne

Le 14 novembre 2019 par Romain Loury
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La santé, grande victime du réchauffement
La santé, grande victime du réchauffement

Tout enfant né de nos jours vivra sur une planète plus chaude, en moyenne, de 4°C par rapport à l’ère préindustrielle, estime le rapport annuel «Lancet Countdown» sur le changement climatique publié, mercredi 13 novembre, dans la revue médicale The Lancet. Pour ces jeunes générations, le changement climatique est voué à devenir un important facteur de risque sanitaire.

C’est un nouvel appel au sursaut climatique que lancent 120 scientifiques, membres du consortium Lancet Countdown, qui publie chaque année un rapport sur la santé et le changement climatique: le réchauffement aura des conséquences sanitaires graves, et ce à de nombreux égards. Or dans un monde qui s’est déjà réchauffé, en moyenne, de +1°C depuis l’ère préindustrielle, les premiers signes d’alerte sont d’ores et déjà manifestes.

Canicules et maladies infectieuses

Les canicules, source de mortalité chez les personnes âgées, se font non seulement plus fréquentes mais aussi plus redoutables: en 2018, le nombre d’expositions à une vague de chaleur (à savoir une vague de chaleur vécue par une personne de plus de 65 ans) a connu une hausse de +220 millions par rapport à la moyenne annuelle de la période 1986-2005. Le précédent record de 2015 est ainsi pulvérisé, avec 11 millions d’expositions en plus.

Conséquences de cette hausse des températures, le nombre d’heures de travail perdu est lui aussi en forte augmentation: en 2018, 133,6 milliards d’heures ont ainsi été perdues du fait des vagues de chaleur, soit 45 milliards d’heures de plus qu’en 2000. Idem pour les catastrophes climatiques (inondations, sécheresses, incendies, etc.), de plus en plus extrêmes, de plus en plus fréquentes.

Le réchauffement a aussi des conséquences sur les maladies infectieuses, qu’il agisse sur la qualité des eaux (bactéries Vibrio liées aux maladies diarrhéiques), ou qu’il favorise la prolifération d’insectes vecteurs, dont les moustiques (dengue, paludisme, etc.). Neuf des 10 années les plus favorables aux épidémies de dengue sont survenues après 2000, rappellent les chercheurs.

Tensions sur la production alimentaire

Egalement en jeu, la malnutrition et les pénuries alimentaires, liées à la baisse des rendements agricoles et à la hausse des prix des denrées. Selon une étude publiée en 2017, toute hausse de 1°C de la température mondiale devrait diminuer de 6% le rendement du maïs, contre -3,2% pour le blé, -7,4% pour le riz et -3,1% pour le soja.

«Les enfants sont particulièrement vulnérables aux effets sanitaires du changement climatique. Leur corps et leur système immunitaire sont en développement, ce qui les rend plus sensibles aux maladies et aux polluants environnementaux», explique Nick Watts, directeur exécutif du Lancet Countdown.

«Les dommages endurés pendant la jeune enfance auront des conséquences à vie. Sans action immédiate de tous les pays afin de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, les gains obtenus sur l’espérance de vie seront compromis, et le changement climatique suffira à définir la santé de toute une génération», ajoute le chercheur.



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