Santé et pollution automobile: un coût annuel de 60 milliards d’euros pour l’UE

Le 27 novembre 2018 par Romain Loury
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400.000 décès prématurés par an dans l'UE
400.000 décès prématurés par an dans l'UE

La pollution automobile coûte chaque année à l’Union européenne (UE) jusqu’à 80 milliards d’euros, dont 75% liés aux véhicules diesel, révèle une étude publiée mardi 27 novembre et menée pour le compte de l’European Public Health Alliance (EPHA).

 

Chaque année dans l’UE, la pollution de l’air, en grande partie liée à l’automobile, est liée à 400.000 morts prématurés, dues notamment à des cancers, des maladies cardiovasculaires et des maladies respiratoires. Dans une étude commandée par l’EPHA, CE Delft, cabinet néerlandais de conseil en environnement, dresse pour la première fois un bilan économique de ce fléau, d’un point de vue sanitaire ou non (biodiversité, agriculture, etc.).

Une estimation basse

Selon ses estimations, la pollution automobile a coûté, en 2016, 66,7 milliards d’euros à l’UE, dont environ 45 milliards d’euros pour les effets sanitaires. Les véhicules diesel seraient responsables à 83% de cet effet, et les premiers polluants impliqués sont les oxydes d’azote (NOx, 65%), les particules fines de taille inférieure à 2,5 microns (PM2,5, 32%), loin devant les PM10 (1%).

Le bilan s’alourdit lorsque les chercheurs font appel aux émissions réelles, révélées à l’occasion du «dieselgate»: au lieu de 66,7 milliards d’euros, il s’élève alors à 79,8 milliards d’euros en 2016, dont près de 53 milliards d’euros pour les effets sanitaires.

Ces derniers chiffres pourraient même constituer une estimation basse, en raison d’autres effets sanitaires non pris en compte dans l’étude, tels que le diabète, la maladie d’Alzheimer, les naissances prématurées et/ou de faible poids.

En 2030, jusqu’à 84% de baisse

Les chercheurs ont par ailleurs modélisé le coût financier de cette pollution automobile à l’horizon 2030. Sans évolution de la législation, c’est-à-dire en ne tenant compte que de l’évolution naturelle du parc automobile (avec plus de véhicules répondant à la norme Euro6), les coûts chuteront de 68% par rapport à 2016 pour atteindre 25,6 milliards de dollars.

Dans un scénario à basse ambition (meilleure progression des véhicules électriques, interdiction des véhicules pré-Euro6 dans les villes de plus de 100.000 habitants), il pourrait même diminuer de 79% par rapport à 2016. Dans un scénario à ambition plus élevée (progression plus rapide des véhicules électriques, interdiction totale des véhicules pré-Euro6), la baisse par rapport à 2016 pourrait même atteindre 84%.

La Commission européenne avait organisé une réunion ministérielle pour tirer les leçons du «dieselgate». Elle n’a finalement pas eu lieu, après que le ministre allemand des transports, Andreas Scheuer, a décliné l’invitation.



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