Santé environnementale: alertez les candidats!

Le 16 avril 2012 par Geneviève De Lacour
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Pour l'avenir des générations futures, les ONG veulent réformer le système de sécurité sanitaire
Pour l'avenir des générations futures, les ONG veulent réformer le système de sécurité sanitaire

Quatre ONG, toutes «lanceuses d’alerte» en santé environnementale, ont invité aujourd’hui les candidats à l’élection présidentielle ou leurs représentants à se prononcer sur les questions de santé environnementale. Face aux scandales de l'amiante, du Mediator, du pesticide Gaucho, les associations proposent 25 mesures pour reconstruire la sécurité sanitaire.

«Les lanceurs d’alerte, ça va bien un moment, mais il faut maintenant modifier la manière de prendre les décisions», affirme François Veillerette, porte-parole de Générations futures, qui avec Ecologie sans frontière, réseau Environnement-santé et Robin des toits a invité aujourd’hui 16 avril les candidats à se positionner sur la question de la santé environnementale. Les ONG proposent 25 mesures pour réorganiser le dispositif des agences de sécurité sanitaire et mettre sur pied un droit protecteur du citoyen basé sur le principe de précaution. Ces associations estiment que les lanceurs d’alerte existent à cause d’«un défaut d’expertise» en France.

Dans les faits, le principe de précaution n'est pas véritablement appliqué puisque des technologies majeures comme la téléphonie mobile, les nanomatériaux ou les OGM, sont développées sans évaluation, soulignent les ONG.

Les associations mettent d’abord en avant la création d'un institut de veille environnementale -d’ailleurs prévu par le Grenelle de l'environnement- et de mettre sur pied un institut de recherche en santé environnementale, sur le modèle du Niehs américain. Elles suggèrent d’aligner, en proportion, le budget de cet institut de recherche sur celui du Niehs, soit 120 millions d’euros pour 5 ans. Les ONG insistent sur les besoins de recherche en santé environnementale et proposent le développement de registres par pathologie, ou les registres de jumeaux, particulièrement intéressants, en prenant modèle sur ce qui se fait au Danemark. Elles proposent de créer des instituts régionaux de veille sanitaire sur la base des actuels observatoires régionaux de la santé.

Elles évoquent au passage l’idée de rattacher la direction générale de l'alimentation (DGAL) au ministère de la santé (aujourd'hui dépendant de l'agriculture) et demandent un durcissement des conditions d'évaluation et de mise sur le marché des produits cosmétiques. Elles réclament aussi l’évaluation des dispositifs médicaux selon les mêmes principes que les médicaments, soit une autorisation de mise sur le marché (AMM).

Elles plaident pour la mise en place d'un plan spécifique pour les maladies environnementales émergentes, dans lequel figurerait en bonne place l'hypersensibilité aux champs électromagnétiques qui affecte 5% de la population française, selon elles.

Les associations voudraient aussi rajouter un volet Environnement aux plans nationaux de lutte (contre le cancer, la maladie d'Alzheimer, l'obésité, etc.). «Face à l’explosion de ces maladies chroniques, il faut en saisir les causes, stopper l’épidémie et la faire régresser», explique André Cicolella, président du réseau Environnement-santé.

Elles souhaitent aussi développer des pôles de santé publique au sein de la justice -des pôles qui existent déjà, soit dit en passant. Les associations appellent aussi à la création de postes de procureurs spécialisés sur la délinquance en santé-environnement.

Des ONG qui demandent également l’annulation du décret du 13 juillet 2011 sur la représentativité des associations (voir JDLE).

A 6 jours du premier tour des présidentielles, aucun des 9 candidats invités –le Front national n’ayant pas été convié- n'a répondu à l'invitation des ONG pour cette présentation au Sénat. Cependant, les représentants de François Bayrou, François Hollande, Eva Joly, Jean-Luc Mélenchon et Nicolas Sarkozy, tous sénateurs, sont venus s’exprimer, certains en leur nom propre, comme Chantal Jouanno. Un fait que François Veillerette a regretté car pour lui «aucun représentant de Nicolas Sarkozy n’était présent».

La sénatrice UMP de Paris a expliqué que l’invitation reçue pour ce débat l’avait placée dans une situation difficile car, en poste, «mes positions n’ont pas toujours été suivies». Et l’ancienne ministre de l’écologie de préciser: «Le ministère de l’écologie a été créé autour d’une problématique Climat. L’approche par la santé et l’agriculture aurait été beaucoup plus difficile à mettre en place».



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