Santé environnement: le projet de loi de santé publique déçoit

Le 16 octobre 2014 par Romain Loury
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Prochaine étape, l'Assemblée fin 2014 ou début 2015
Prochaine étape, l'Assemblée fin 2014 ou début 2015

Présenté mercredi 15 octobre en conseil des ministres, le projet de loi de santé publique s’avère assez maigre sur la question de la santé environnementale. Et ce à la grande déception des associations et de plusieurs politiques, rassemblés ce jeudi pour un colloque sur les maladies environnementales émergentes.

 

Fibromyalgie, électrohypersensibilité (EHS), syndrome de fatigue chronique, hypersensibilité chimique multiple (MCS), myofasciite à macrophages,… dans leur ensemble, ces maladies toucheraient au moins 5% de la population française, affirment les associations. Or elles demeurent méconnues, voire niées, par une grande partie des médecins. Ce qui oblige les patients à «l’errance médicale», voire à une «psychiatrisation» de leur maladie, dénonce André Cicolella, président du Réseau environnement santé (RES).

Lutter contre le déni, tel était l’objet du colloque organisé jeudi à l’Assemblée nationale par plusieurs associations, en présence de chercheurs, de médecins et de patients. Outre un bilan sur les connaissances scientifiques et sur la prise en charge médicale, la rencontre a fait le point sur les réponses politiques à ce phénomène sanitaire. Et elles semblent pour le moins insuffisantes.

Dernier épisode en date, la présentation mercredi du projet de loi de santé publique en conseil des ministres, qui devrait être discuté au parlement début 2015, voire dès décembre. Pour Jean-Louis Roumégas, député EELV de l’Hérault et coprésident du groupe d’études santé-environnement de l’Assemblée nationale, ce texte «est extrêmement décevant, la santé environnementale n’y est traitée que de façon très anecdotique».

Abordé dans le titre I du projet de loi -celui sur la prévention et la promotion de la santé-, le sujet fait l’objet d’un court chapitre, «Promouvoir un environnement favorable à la santé». Nulle mention des ondes, des perturbateurs endocriniens, des pesticides, du mercure dentaire ou d’autres risques: il n’y est fait état que de la pollution de l’air et de l’amiante.

Une mission qui n’a pas vu le jour

Lors de l’élaboration du projet de loi, la sénatrice UDI Chantal Jouanno avait souhaité mettre en place une mission sur la santé environnementale. Sans résultat, malgré plusieurs relances auprès du président de la commission des affaires sociales où elle siégeait alors. «Il y a une absence de conscience politique du problème», déplore l’ancienne secrétaire d’Etat à l’écologie.

«On ne va pas déjà jeter ce projet de loi aux orties», tempère Gérard Bapt, député PS de Haute-Garonne et coprésident du groupe d’étude santé-environnement. Certes, «la santé est encore trop centrée sur le soin, et la prévention primaire, qui consiste à limiter les expositions, n’est pas encore entrée dans la culture générale», ajoute-t-il.

Les associations espèrent changer ça, grâce à l’Alliance maladies environnementales émergentes (AM2E) dont la création a été annoncée par plusieurs d’entre elles RES, E3M, Collectif des électrosensibles de France, Non au mercure dentaire et SOS-MCS).

Parmi leurs revendications, la conduite d’études scientifiques pour mieux connaître la prévalence et les facteurs de risque, l’intégration des associations de malades dans les agences sanitaires, où l’AM2E demande la mise en place de départements santé environnement. Le sujet devra faire l’objet de formations destinées au corps médical.



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