Santé au travail: prévenir l’exposition aux nanoparticules

Le 01 octobre 2007 par Claire Avignon
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Nanomaterials
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A l’occasion de la publication d’un ouvrage sur les nanoparticules, l’INRS a insisté sur l’importance pour les entreprises de prendre des mesures de prévention, malgré la quasi-absence de données toxicologiques dans le domaine.

N'attendons pas d'éventuels effets sanitaires des nanoparticules pour réagir. C'est en substance le message lancé par l'Institut national de recherche et de sécurité (INRS) lors d'une conférence de presse, mardi 25 septembre. «Les entreprises et les laboratoires de recherche peuvent, d'ores et déjà, mettre en place des mesures générales de prévention pour éviter l'exposition des travailleurs aux particules ultra fines (PUF). Cela passe par le port de masque et de gants, mais aussi par des recommandations plus globales, comme procéder aux synthèses en phase liquide» pour éviter les émissions particulaires, a expliqué, lors d'une conférence de presse, Benoît Hervé-Bazin, principal auteur du livre intitulé «Les nanoparticules, un enjeu majeur pour la santé au travail?».

Des conseils qui seront utiles pour les industriels fabriquant des substances «nanostructurées» comme les secteurs de la cosmétique et des peintures, pour les laboratoires de recherche, mais aussi pour les patrons dont les travailleurs sont exposés à des «particules secondaires», comme les fumées de soudure ou les gaz d'échappement des moteurs diesel.

Pour le moment, les connaissances ne sont pas suffisantes pour imposer une réglementation spécifique pour chaque nanoparticule. «Nous n'avons pas encore de preuve de la toxicité des particules ultra fines sur les humains, mais il y en a chez les animaux», précise Christian Dame, du département polluants et santé de l'INRS. Et l'évolution des connaissances devrait continuer à être lente: «Les nanoparticules se rajoutent aux 100.000 substances chimiques sur lesquelles nous avons déjà très peu d'informations», note Jean-Claude André, directeur scientifique de l'INRS. Par ailleurs, les risques sanitaires des nanomatériaux n'apparaissent pas encore comme prioritaires: sur 1,4 milliard d'euros alloué par la Commission européenne aux nanotechnologies, seuls 38 millions sont destinés aux travaux sur les risques pour l'environnement et les opérateurs.

Malgré tout, il est déjà avéré que les nanoparticules ont des propriétés spécifiques dont il faut tenir compte en matière de santé au travail. D'abord, est-il rappelé dans l'ouvrage de l'INRS, «elles sont susceptibles de se déposer dans l'ensemble des voies respiratoires avec une efficacité supérieure à celle de particules plus grosses», ces dépôts étant «d'autant plus marqués que la respiration est accusée (donc en toutes conditions impliquant un effort physique) ou la fonction pulmonaire altérée (broncho-pneumopathie chronique obstructive par exemple)». Par ailleurs, «le passage de certaines PUF depuis les fosses nasales jusqu'au cerveau doit être considéré comme probable». Enfin, après avoir étudié les différentes publications sur le sujet, les auteurs du livre concluent que «globalement, il semble qu'une certaine pénétration cutanée soit possible».




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