Sangliers morts: les premiers résultats très attendus

Le 29 juillet 2011 par Geneviève De Lacour
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email

«J’appelle à la plus grande transparence sur les causes de cette mortalité brutale et surprenante. Nous souhaitons que les résultats d’analyse soient connus le plus rapidement possible.» L’appel émis mercredi 27 juillet par Jean-Yves Le Drian, président de la région Bretagne, semble avoir été entendu par la ministre de l’écologie. Nathalie Kosciusko-Morizet s’est exprimée aujourd’hui 29 juillet à la radio, et a affirmé attendre pour le milieu de la semaine prochaine les résultats des analyses sur les causes de la mort des maintenant 36 sangliers retrouvés sans vie dans l’estuaire du Gouessant, dans les Côtes-d'Armor. Voir JDLE.

«J'ai demandé des analyses très précises parce qu'on ne connaît pas aujourd'hui les raisons de la mort des sangliers», a-t-elle rappelé. La ministre de l’écologie a évoqué des soupçons qui courent sur des possibilités d'empoisonnement. Après différentes analyses sans résultat probant, la préfecture des Côtes d'Armor dit pencher soit pour un empoisonnement, soit pour une intoxication liée à l'hydrogène de sulfure (H2S).

Certains n’ont pas attendu les investigations officielles. Des associations locales de protection de l'environnement ont procédé mercredi 27 juillet à des mesures des taux d’H2S dans l’estuaire du Gouessant. Des teneurs en hydrogène sulfuré qui varient de 340 parties par million (ppm) pendant plusieurs minutes à 600 ppm pendant plusieurs secondes ont été mesurées. Selon André Ollivro, le président de l'association Sauvegarde du Penthièvre, «un niveau de 500 ppm pendant 7 à 8 secondes est en mesure de provoquer un œdème pulmonaire et un malaise cardiaque». Ces mesures ont été effectuées, dans le sable mélangé à la vase, jusqu'à 15-20 centimètres de profondeur, et «alors qu'un sanglier furète jusqu'à 30 centimètres de profondeur pour trouver des vers de vase», complète André Ollivro.

Mais côté préfecture des Côtes d'Armor, ces premiers résultats ne sont pas confirmés. Dans un communiqué reçu mercredi soir 27 juillet, la préfecture affirme que des prélèvements de vase et des prélèvements atmosphériques d'hydrogène sulfuré ont révélé des taux éloignés de la dose mortelle. Selon elle, «le lien avec les algues vertes n'est pas établi mais pas exclu». Par ailleurs, des analyses de l'eau de la retenue de Pont-Rolland ont montré la présence de cyanobactéries produisant des toxines à des doses inférieures au seuil de danger. Et la préfecture précise que les autopsies des sangliers n'ont pas permis de faire apparaître des lésions qui auraient été provoquées par ces toxines.
 
Excédé par cette attente de résultats, le groupe des élus Europe Ecologie Les Verts (EELV) au conseil régional de Bretagne appelle avec force les autorités à informer la population des possibles risques encourus après la mort des sangliers dans la baie de Saint-Brieuc. Dans un communiqué publié aujourd’hui 29 juillet, ils se disent choqués par le déficit d'information et appellent les autorités à publier les résultats détaillés des différentes analyses d'eau, d'air et de vase faites sur le site. «Il n'est pas acceptable de n'avoir ni affirmation, ni infirmation de l'implication des algues vertes dans cette mortalité totalement anormale, plus de trois semaines après la découverte des premiers corps», poursuit le texte. En ce qui concerne l’H2S, les seuils de toxicité sont variables suivant les personnes, rappellent les élus EELV en demandant au préfet un rappel à la population résidente et touristique des mesures de prévention à prendre à proximité des sites d'échouages d'algues vertes.
 
«Les événements successifs de cet été montrent l'absolue nécessité d'une reconquête de la qualité des eaux et les dangers que fait courir le laxisme de l'Etat sur ces questions», poursuivent les écologistes en soulignant que le plan Algues Vertes lancé début 2010 se concentre essentiellement sur le ramassage des déchets et non sur les causes des pollutions.
 
«En attendant les résultats des analyses, il faut garder de la réserve sur le sujet, en revanche là où on n’attend pas, c'est sur le plan de réduction des rejets azotés liés à l'élevage industriel et l'agriculture», affirme la ministre de l’écologie. Ce plan a été lancé il y a deux ans par le gouvernement pour tenter d'endiguer la prolifération d'algues vertes sur les plages bretonnes. «Tous les partenaires sont aux avant-postes pour résoudre le problème mais ça ne se résout pas en un claquement de doigts, c'est progressivement le système agricole qu'il faut faire évoluer, vous savez bien que c'est compliqué», déclare Nathalie Kosciusko-Morizet.
 
Quant au président de la région Bretagne, celui-là même qui avait porté plainte en février dernier contre la campagne choc de France Nature Environnement voulant sensibiliser le grand public contre «les excès de l’agriculture industrielle en Bretagne», il a ajouté mercredi dernier: «Nous voulons sortir par le haut de cette pollution par les algues vertes et profiter de cette opportunité de laboratoire à ciel ouvert pour faire de cette faiblesse passagère une force pour la région
 
Une faiblesse passagère qui semble pourtant durer depuis des années.
 


A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus