Sanctuariser la haute mer, pour une pêche durable et rentable

Le 27 mars 2014 par Romain Loury
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Une nouvelle solution contre la surpêche
Une nouvelle solution contre la surpêche

Fermer la haute mer à la pêche permettrait non seulement une bonne reconstitution des stocks de poissons, mais serait au final la solution la plus rentable pour les pêcheries, estiment deux chercheurs dans la revue PLoS Biology.

«Dans un monde idéal, toutes les nations coopèreraient dans la gestion des stocks de poissons», notamment ceux que l’on trouve en haute mer, qui constitue 58% de la surface des océans, estiment Crow White et Christopher Costello, deux spécialistes californiens de biologie marine.

Or au lieu de cela, la gestion actuelle évoque plutôt «un système non régulé dans lequel des individus entrent dans une compétition inefficace pour une ressource commune, limitée, dont ils entraînent la ruine». Bref, un système perdant aussi bien pour les poissons que pour les pêcheurs.

Pour les chercheurs, la solution idéale pour tous consisterait à interdire la pêche en haute mer, pour ne l’autoriser que dans les zones économiques exclusives (ZEE), celles appartenant aux Etats. L’intérêt serait triple: «assurer un mécanisme de coordination entre les ZEE, réduire l’exploitation globale, et permettre une protection suffisante des stocks afin qu’ils se reconstituent».

Car selon les modélisations mathématiques menées par les chercheurs, le taux de pêche pourrait s’accroître jusqu’à 30% pour les pêcheries, et leurs profits de plus de 100%, du fait de dépenses en baisse grâce à une concentration accrue de poissons dans les ZEE. L’amélioration des stocks serait supérieure à 150%, notamment pour les espèces migratrices (thons, marlins, requins, etc.), celles qui, surpêchées où qu’elles passent (dans les ZEE et en haute mer), souffrent le plus du système actuel.

 

Droit à la pêche ou protection des océans?

Malgré tous ses avantages, économiques et environnementaux, une telle interdiction s’avère, dans l’immédiat, «non viable d’un point de vue politique», la Convention des nations unies sur le droit de la mer (UNCLOS) reconnaissant le droit à toute les nations de pêcher en haute mer. Toutefois, l’UNCLOS «exige aussi une protection des écosystèmes, et une utilisation équitable et efficace des ressources océaniques», rappellent les chercheurs.

Reste à faire comprendre aux décideurs politiques que les deux objectifs sont difficilement compatibles. De plus en plus averti des dangers de la surpêche, le public en semble enfin conscient. Après sa pétition signée fin 2013 par 837.000 personnes, demandant -en vain- à François Hollande de soutenir l’interdiction européenne de la pêche en eaux profondes, l’association BLOOM est repartie à l’assaut: lancée jeudi dernier, sa lettre au président a pour l’instant recueilli près de 22.000 signatures.



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