Salsigne: les riverains dénoncent un manque de transparence

Le 22 janvier 2018 par Romain Loury
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Salsigne
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Sur l’ancien site minier de Salsigne (Aude), les relations se tendent entre les riverains et la préfecture. Au centre du litige, trois études du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) dont les associations ont eu de grandes difficultés à obtenir le détail auprès des autorités. Des travaux qui confirment l’existence d’importants panaches de pollution à l’arsenic dans les sols.

De son ouverture en 1892 à sa fermeture en 2004, la mine de Salsigne aura produit environ 120 tonnes d’or, ce qui en a fait la plus importante d’Europe occidentale. D’un point de vue environnemental, le bilan est lourd: avec 11,6 millions de tonnes de résidus pollués, en particulier de l’arsenic, le site demeure l’un des plus pollués de France, avec des retombées sanitaires avérées pour les riverains.

Des eaux gorgées d’arsenic

Depuis, les relations entre les riverains et la préfecture de l’Aude sont régulièrement tendues, d’autant que le déni a longtemps prévalu. Exemple début 2013, lors de la révélation d’une importante pollution d’un point d’eau, appelé le «béal de Sindilla»: la teneur en arsenic y était de 4.469 microgrammes par litre (µg/L) d’eau –le seuil de potabilité est fixé à 10 µg/L. Pour le préfet alors en poste, il ne s’agissait de rien d’autre qu’«un phénomène naturel», «n’ayant rien à voir avec Salsigne».

Les études ont rapidement confirmé l’évidence: l’ancienne activité minière est bien à l’origine de la contamination importante de l’eau et des sols. Ou plutôt les déchets miniers entreposés dans des sites de stockage, dont les principaux sont ceux de Montredon et du bassin de l’Artus. Edifié à partir de 1994 en dépit des doutes géologiques, le premier a rapidement présenté de nombreux signes d’effritement et d’infiltration, avec d’importantes fuites d’arsenic. Des travaux sont actuellement en cours pour le colmater.

Trois études obtenues au forceps

Si la préfecture fait régulièrement état de sa volonté de transparence, les associations de riverains peinent encore à obtenir les documents qu’elles lui demandent. Dernier exemple en date, trois études menées en 2014, 2015 et 2016 par le BRGM, afin de déterminer l’origine des contaminations. Leurs résultats ont certes été présentés par les autorités en mars 2016, lors d’une commission locale d’information (CLI) des riverains, mais «sous une forme très édulcorée», rappelle François Espuche, président de l’association locale Les Gratte-Papiers.

Dès lors, l’association a demandé que ces travaux soient communiqués dans leur intégralité, afin de pouvoir juger sur pièces. Au total, il lui aura fallu trois courriers adressés à la préfecture, puis une saisine de la commission d’accès aux documents administratifs (Cada) en octobre 2017, pour que la préfecture transmette enfin les trois études du BRGM, en décembre. Des documents dont la couverture indique qu’ils sont d’«accès réservé» pendant 25 ans, soit jusqu’en 2039, 2040 et 2041.

La transparence, et avec panache

Or leur contenu s’avère bien plus parlant que le diaporama présenté lors de la CLI de mars 2016. L’un d’entre eux, celui de 2015, fait en effet état de trois panaches souterrains de pollution, émanant notamment de Montredon et du bassin de l’Artus, allant jusqu’à 2 km de long et 200 mètres de large! «Lors des CLI, on ne nous a jamais dit qu’il y avait de tels panaches!», s’insurge François Espuche.

Selon le responsable associatif, cette réticence à transmettre les études vise tout simplement à en contrôler la communication. D’autant que plusieurs procédures judiciaires sont en cours entre les associations et la préfecture.

Pour les associations et les maires des communes concernées, l’objectif est d’obtenir une cartographie complète du site, commune par commune, pour la contamination des sols, des eaux de surface et des eaux souterraines. Un projet publiquement soutenu par la préfecture en 2006, avant qu’elle ne s’en détourne par la suite.



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