Salon de l’agriculture: une visite présidentielle sur fond de pesticides

Le 24 février 2020 par Stéphanie Senet
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La visite présidentielle n'a pas perturbé tout le monde.
La visite présidentielle n'a pas perturbé tout le monde.
VLDT

Interpellé à de nombreuses reprises sur les zones interdites aux pesticides, le président Macron a voulu rassurer les agriculteurs en leur promettant une compensation lors de sa visite inaugurale du 22 février.

 

Trop proches des habitations, des zones agricoles sont interdites de recours aux pesticides depuis le 1er janvier 2020 par l’arrêté du 27 décembre 2019 dit arrêté ZNT. Jugé trop timide par les associations environnementales, le texte préconise une distance de sécurité de 10 mètres pour les substances les plus dangereuses. Pour les autres substances, les distances s’étendent à 5 m pour les cultures basses (légumes et céréales notamment) et 10 m pour les cultures hautes (vignes et arbres fruitiers). Il fera d’ailleurs l’objet d’un recours[1] sur le fond déposé demain 25 février au Conseil d’Etat par de nombreuses ONG, dont Générations futures, France Nature environnement (FNE) et Eau et rivières de Bretagne.

25 millions d’euros

Pour des raisons cette fois-ci économiques, les agriculteurs sont aussi remontés contre l’arrêté et l’ont fait savoir lors de la visite présidentielle. En réponse, Emmanuel Macron leur a promis une compensation à double titre. La première correspond au déblocage d’une enveloppe de 25 millions d’euros pour compenser les pertes de revenus liées aux terres qui ne pourront plus être exploitées avec des pesticides. Plus floue, la deuxième fait référence aux paiements pour services environnementaux (PSE). «On va  voir comment valoriser ces bandes avec des services environnementaux, des trucs qui vous permettent d’avoir des revenus», a résumé le président Macron à la hache.

Les agences de l’eau de nouveau sur la sellette

Cette nouvelle catégorie d’aides a été officiellement autorisée le 19 février par la Commission européenne. Objectif: «reconnaître et rémunérer les services rendus par les agriculteurs lorsqu’ils créent une structure paysagère pour la biodiversité ou font évoluer leurs pratiques agronomiques pour en améliorer la performance environnementale», explique le ministère de la transition écologique dans un communiqué diffusé le 23 février. Le hic: l’enveloppe de 150 M€ dédiée repose sur les épaules des agences de l’eau, de plus en plus sollicitées par de nouvelles contributions, dont des versements à l’Office français de la biodiversité (OFB). 

Relèvement du seuil d’appel d’offres pour le PV en toiture

Autre nouveauté gouvernementale annoncée à l’ouverture du Salon, le relèvement du seuil de capacité soumis à la procédure de l’appel d’offres. Cette procédure sera obligatoire pour les installations de panneaux photovoltaïques sur toitures d’au moins 300 kW, contre 100 kW auparavant. «Ce relèvement est une proposition de longue date portée par Enerplan», a réagi Daniel Bour, président du syndicat. «Elle vise à simplifier l’action des entrepreneurs pour solariser les bâtiments qui se heurtaient à la complexité et l’incertitude de l’appel d’offres. C’est une bonne nouvelle pour la transition énergétique sous réserve des conditions tarifaires», a-t-il ajouté, tout en regrettant que ce relèvement ne monte pas jusqu’à une capacité de 500 kW.



[1] Le recours vise aussi le décret encadrant les chartes d’utilisation