Salmonelloses: en baisse partout, sauf en France

Le 04 février 2015 par Romain Loury
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+22,5% entre 2009 et 2013
+22,5% entre 2009 et 2013
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Les salmonelloses poursuivent leur recul dans l’Union européenne, révèlent l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) et le Centre européen pour la prévention et le contrôle des maladies (ECDC) dans leur dernier bilan annuel. Exception notable, la France, où la maladie ne cesse d’augmenter.

Révélées par le rapport annuel sur les zoonoses dans l’UE publié fin janvier, les tendances européennes se confirment. Notamment du côté des campylobactérioses, infections alimentaires les plus fréquentes: après plusieurs années à la hausse, et une année 2012 enfin à la baisse, elles se sont stabilisées en 2013, à 214.779 cas rapportés cette année-ci.

Quant aux salmonelloses, elles poursuivent leur baisse, de 7,9% entre 2012 et 2013. Partout, enfin presque: avec l’Espagne, la Grèce, l’Irlande et la Roumanie, la France fait partie des 5 pays membres de l’UE où la maladie a progressé entre les deux années, de 8.705 à 8.927 cas (+2,25%).

Hasard des chiffres ou non, elle est même le seul dont le nombre de cas de salmonellose a continuellement augmenté depuis 2009, de 22,5% jusqu’en 2013. Pour la même période, l’Allemagne a vu son taux de salmonelloses chuter de 40,6%, le Royaume-Uni de 22,4%.

Certes, la France fait partie des pays ayant les plus faibles taux de salmonelloses de l’UE: il y est 8 fois inférieur à celui de la République tchèque et 5 fois inférieur à celui de la Slovaquie. Mais elle est incontestablement le pays dont la progression est la plus inquiétante.

Biais de surveillance ou hausse réelle?

Contacté par le JDSA, Simon Le Hello, codirecteur du Centre national de référence (CNR) E. coli/Shigella/salmonelles à l’Institut Pasteur, y voit un «biais de surveillance», et non une hausse réelle. Selon lui, les chiffres pourraient en partie s’expliquer par la réforme de la biologie médicale en 2010.

«Beaucoup de laboratoires se sont regroupés, et plusieurs d’entre eux se sont mis à nous envoyer des souches alors qu’ils ne le faisaient pas avant», affirme-t-il. Autre possibilité, les liens «historiques et géographiques» de la France avec des pays émergents, où les salmonelles sont plus fréquentes.

La hausse française s’expliquerait donc par l’excellence de son système de surveillance sanitaire? Pourquoi pas, mais il semble dès lors difficile d’expliquer les tendances observées dans d’autres pays, baisse au Royaume-Uni et Allemagne, hausse en Grèce et Roumanie.

D’autant que, mi-décembre 2014, un rapport remis au ministère de l’agriculture dévoilait l’état inquiétant du système français de sécurité des aliments. Et en novembre 2013, l’Office alimentaire et vétérinaire (OAV) de l’UE s’était inquiété de graves non-conformités dans les abattoirs de volailles, l’une des principales sources de salmonelle.

Listériose et E. coli toujours en hausse

A l’inverse des salmonelloses, la listériose continue son ascension en Europe. Si elle reste rare avec ses 1.763 cas notifiés en 2013, la maladie enregistre une hausse de 8,6% par rapport à 2012. Avec un taux de décès de 15,3%, elle est l’une des infections alimentaires les plus redoutables.

Là aussi, la France s’illustre: sur les 191 décès survenus dans l’UE en 2013, 64 (plus du tiers) la concernaient. Elle est aussi médiocrement classée en termes d’incidence, avec un taux de 0,56 cas pour 100.000 habitants, au-dessus de la moyenne européenne de 0,44 cas pour 100.000 habitants.

Comment expliquer cette hausse européenne de la listériose, alors que la maladie a chuté chez les femmes enceintes, population qui lui est particulièrement vulnérable? Selon l’Institut de veille sanitaire (InVS), il ne s’agirait pas tant d’un problème de contamination des aliments, qui a fortement baissé depuis les années 1980 pour se stabiliser à faible niveau, que du vieillissement de la population.

Autres infections redoutables, celles liées aux Escherichia coli vérotoxigéniques (VTEC) enregistrent un bond de 5,9% entre 2012 et 2013. La France s’avère pour le coup bien mieux classée que d’autres grands pays européens: elle n’a enregistré que 218 cas en 2013, contre 1.639 pour l’Allemagne et 1.134 pour le Royaume-Uni.



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