Salmonelles: des huiles essentielles avant l’abattoir

Le 12 décembre 2012 par Romain Loury
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Courte est la vie du poulet.
Courte est la vie du poulet.

Mélanger des huiles essentielles à l’eau des poulets avant de les mener à l’abattoir permettrait de réduire leur colonisation par les salmonelles, selon une étude américaine publiée dans la revue Food Control.

Une douzaine d’heures avant l’abattoir, il est d’usage de priver les poulets de nourriture, afin d’éviter la production d’excréments, et donc la contamination de la carcasse par des salmonelles. La pratique serait contreproductive, selon plusieurs travaux: les poulets affamés se mettent à picorer les objets environnants, dont toutes sortes de déchets. D’où l’intérêt de leur fournir de l’eau à activité antimicrobienne, si possible sans recourir à des médicaments, une hypothèse qu’ont testée Walid Alali, du Center for Food Safety (University of Georgia, Griffin), et ses collègues.

Pour cela, les chercheurs ont inoculé une bactérie Salmonella Heidelberg à des poulets d’un jour, avant de les traiter durant leur dernière semaine, à savoir la 6e de leur courte vie. Parmi les 4 traitements étudiés, c’est l’eau contenant une préparation commerciale d’huiles essentielles, entre autres dérivées du thym, de l’eucalyptus et de l’origan, qui obtient les meilleurs résultats, du moins quant à la présence de salmonelles dans le jabot [1].

Les poulets n’étaient que 2% à héberger la bactérie dans cet organe, contre 28% des poulets ayant reçu une eau normale. D’autres types de traitement (acide lactique, acide lévulinique/SDS, acides organiques) obtiennent certes des résultats similaires au niveau du jabot, mais les huiles essentielles présentent l’avantage supplémentaire de réduire la mortalité -du moins avant l’abattoir- tout en augmentant le poids des animaux.

Seul bémol, aucun de ces traitements ne diminue la présence de salmonelles dans le cæcum. Selon les chercheurs, cette absence de résultat n’aurait pas d’impact, le jabot étant bien plus à risque de rupture que le cæcum. Reste donc à évaluer ce traitement aux huiles essentielles en dehors du contexte très cadré de la recherche, notamment concernant la contamination des carcasses. Ce que les chercheurs prévoient de faire bientôt, avec le lancement d’une étude sur un grand élevage. Autre piste de recherche, mieux comprendre les mécanismes à l’œuvre derrière l’effet antibactérien des huiles essentielles.

[1] Le jabot est la partie de l’œsophage où les aliments résident avant de passer dans le gésier. Avec le cæcum, partie de l’intestin la plus distante de l’orifice anal, c’est l’organe où se concentrent les salmonelles chez le poulet. Une fois l’animal abattu, leur rupture risque donc particulièrement de contaminer la carcasse.


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