Salmonelles antibiorésistantes: les élevages locaux hors de cause?

Le 18 septembre 2013 par Romain Loury
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Les antibiotiques dans les élevages ne seraient pas à l'origine de l'antibiorésistance qui s'accroît partout.
Les antibiotiques dans les élevages ne seraient pas à l'origine de l'antibiorésistance qui s'accroît partout.

L’origine des salmonelles antibiorésistantes n’est pas à chercher dans les élevages locaux de bovins, mais peut-être bien plus loin, selon une étude britannique publiée dans la revue Science.

Menace pour la santé publique, les bactéries pathogènes pour l’homme, au premier rang desquelles les salmonelles, s’avèrent de plus en plus résistantes aux antibiotiques présents sur le marché. Conséquence à craindre: des maladies de plus en plus difficiles à traiter, une mortalité infectieuse accrue et des coûts de santé qui vont grimper.

Parmi les causes de ce phénomène, les experts pointent le plus souvent l’excès d’antibiotiques administrés dans les élevages, que ce soit pour traiter des maladies ou uniquement pour les prévenir, en ajout à l’alimentation. Voire comme promoteurs de croissance, du moins aux Etats-Unis, cette pratique étant interdite dans l’Union Européenne depuis 2006. Ces salmonelles rendues antibiorésistantes chez l’animal infecteraient ensuite l’homme, soit par contact direct, soit par consommation de viande contaminée.

Or c’est cette hypothèse, celle d’une origine animale locale, que Nicholas Thompson, du Wellcome Trust Sanger Institute à Hinxton (près de Cambridge) et ses collègues remettent en cause. Menée sur 373 échantillons humains et bovins de Salmonella typhimurium DT104, dont deux tiers prélevés en Ecosse sur une période de 22 ans, leur étude montre que les deux espèces présentent des populations de salmonelles génétiquement distinctes, les échanges n’étant que très rares.

Une plus grande diversité chez l’homme

De plus, la diversité génétique de la population de salmonelles est plus grande chez l’homme que chez l’animal. Or, si leur origine avait été avant tout animale, c’est le contraire qui aurait été observé, à savoir une population de salmonelles chez l’homme correspondant à un sous-groupe de celle infectant les bovins, donc moins diverse.

Reste à définir d’où viennent ces salmonelles antibiorésistantes. Pour les chercheurs -qui n’évoquent nulle part l’abus d’antibiotiques chez l’homme-, la réponse semble tout sauf locale: elle serait plutôt à chercher du côté des aliments importés et du trafic de voyageurs.



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