Salmonelle: bébé ou reptile, il faut choisir

Le 08 janvier 2014 par Romain Loury
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Les reptiles domestiques: un risque de salmonelles encore méconnu en France
Les reptiles domestiques: un risque de salmonelles encore méconnu en France

Les reptiles domestiques constituent une source de salmonelles chez les très jeunes enfants, parfois de forme grave, un risque qui ne fait encore l’objet d’aucune information en France, montre une étude publiée mardi 7 janvier par l’Institut de veille sanitaire (InVS) dans son Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH).

Surtout connues comme pathogènes alimentaires, les bactéries Salmonella sont présentes chez 50 à 90% des reptiles, au niveau de leur tube digestif. «Après excrétion dans l’environnement, ces bactéries peuvent survivre plusieurs jours, voire plusieurs semaines si les conditions de température et d’humidité sont favorables. Il s’ensuit un risque de transmission à l’homme par voie orale», rappelle l’InVS.

Ce risque est désormais bien connu: aux Etats-Unis, on estime que 12% des salmonelloses survenant chez les jeunes enfants, premières victimes, seraient liées à un reptile. Le risque fait même l’objet de recommandations dans plusieurs pays, notamment les Etats-Unis et le Royaume-Uni. Aux USA, les centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) conseillent même aux parents d’enfants âgés de moins de 5 ans de n’avoir ni reptiles ni amphibiens à domicile –des grenouilles ont également été impliquées dans des épidémies.

Aucune recommandation officielle en revanche, en France, dont on estimait, en 2003, que 3% des foyers possédaient un reptile. Première étude menée dans le pays, celle publiée mardi par l’InVS montre pourtant plusieurs cas de transmission reptile-jeune enfant: sur les 2.358 souches isolées en 2012 chez des enfants de moins de 5 ans par le Centre national de référence (CNR) des salmonelles, 13 semblent clairement le fait de reptiles présents au domicile.

Particulièrement jeunes (âge médian de 6 mois), ces enfants ont pour la plupart souffert d’une gastro-entérite, mais 2 d’entre eux ont développé une méningite, maladie très grave nécessitant une hospitalisation.

Les tortues aquatiques arrivaient en première ligne (6 cas), suivis des lézards Pogona, tels que l’agame barbu originaire d’Australie, avec 3 cas. Un seul cas était lié à un serpent, un autre à un iguane et deux autres étaient liés à la présence de plusieurs reptiles.

 

Pas besoin d’un contact direct

Un seul des 13 enfants avait été en contact direct avec le reptile, confirmant la persistance des salmonelles dans l’environnement. Et les reptiles n’avaient jamais été laissés en liberté dans le domicile, indique l’InVS. Les parents se montraient très peu au courant du risque, un seul couple indiquant en avoir eu connaissance avant que la maladie ne survienne.

Pour l’InVS, «une information du grand public et des professionnels de santé sur ce risque pour prévenir des cas d’infections potentiellement graves chez les jeunes enfants apparaît justifiée». En Suède, une telle campagne, menée dans les années 1990, a permis de faire chuter de 12% à 6% le taux de salmonelloses liées aux reptiles, et ce en seulement trois ans.

Dans le même numéro du BEH, l’institut publie une analyse de la littérature faisant état, dans le monde, de 871 cas de salmonelloses transmises par des reptiles à de jeunes enfants depuis 1993. 77 étaient des cas isolés, 794 étaient de nature épidémique, et 4 ont entraîné la mort de l’enfant.



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