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Sale temps pour le requin…

Le 28 septembre 2011 par Geneviève De Lacour

Avec 4 attaques de requins depuis le début de l’année, dont 2 mortelles, la dernière datant du 19 septembre, l’île de la Réunion se sent menacée. Dans le cadre de la «stratégie concertée de réduction du risque Requin» mise en place récemment, le préfet de la Réunion Michel Lalande a décidé de lancer une «campagne ciblée de prélèvements». Autrement dit, la chasse au requin est officiellement ouverte dans la réserve naturelle marine.

Un arrêté préfectoral a été pris lundi 26 septembre en ce sens.

Fin juillet, après la mort de deux touristes sur l’île de Praslin, les autorités des Seychelles avaient également lancé une chasse aux squales. Une quarantaine de spécimens avaient été pêchés, dont certains inoffensifs pour l’homme.

A la Réunion, deux espèces de requins non protégées devraient faire les frais de cette mesure, à savoir le requin tigre (Galeocerdo cuvier), l’une des plus grandes espèces de requin,et le requin bouledogue (Carcharhinus leucas). Les autorités locales craignent que ce dernier ne se soit sédentarisé à proximité des côtes de l’île.

Le requin bouledogue et le requin tigre font partie des espèces «quasi menacées» selon l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Cependant, ils ne sont pas listés par la Convention de Washington.

L’opération de prélèvements doit, en principe, durer trois jours, à une distance maximale des côtes de 1,5 mille. La pêche sera limitée à une dizaine de spécimens selon le préfet, qui a parlé dans les colonnes du Quotidien de La Réunion de «stratégie équilibrée qui vise la sécurité des personnes, la protection de l’environnement, la conservation des activités nautiques et la préservation de l’image de l’île au plan international».

Au soir du premier jour, mardi 27 septembre, les pêcheurs sont revenus bredouilles. Les deux professionnels assermentés par la préfecture pour opérer à l’intérieur des trois zones de pêche n'ont fait que deux touches sans pouvoir remonter les sélachimorphes. L'un deux a réussi à s'enfuir après plusieurs heures de combat.

Quoi qu'il en soit, rares sont les spécialistes à croire que cette opération portera ses fruits. Les requins sont des centaines à rôder au large, alléchés par les rejets d’eaux usées, dont le traitement laisse parfois à désirer, et aussi par les planches de surf.
 
Le préfet de l’île a déclaré souhaiter la mise en place d’une collaboration entre les pays membres de la Commission de l’océan Indien (COI) sur le «risque Requin». En 30 ans, 32 attaques ont été enregistrées sur les côtes réunionnaises dont 16 mortelles.
 
Autre lieu mais même sort funeste pour les squales.
Selon des scientifiques australiens, les populations de requins vivant sur la Grande barrière de corail, au large de la côte nord-est de l'Australie, sont en fort déclin. Ils basent leur affirmation sur de nouvelles méthodes de comptage.
 
Et le phénomène serait très rapide. «Nos estimations moyennes font état d'un recul de 6% par an pour le requin corail (Triaenodon obesus)et de 9% pour le requin gris de récif (Carcharhinus amblyrhynchos)», a déclaré mercredi 28 septembre le professeur Sean Connolly, de la James Cook University dans la province du Queensland (nord-est).
A noter que ces chiffres ne concernent que l'Australie.
 
Les scientifiques fondent leurs résultats, qui ont été publiés le 23 septembre dernier dans la revue scientifique Public Library of Science (PLoS ONE), sur une nouvelle méthode de comptage prédictive, qui intègre notamment les taux de reproduction et de mortalité.
 
Ces données sont traitées par des instruments statistiques permettant d'obtenir des projections démographiques à long terme. Les résultats sont ensuite comparés aux données connues sur les populations de requins dans les zones de pêche, les zones vertes dans lesquelles les bateaux sont autorisés mais la pêche interdite, et les zones roses dans lesquelles la navigation et la pêche sont interdites. Les analyses donnent des résultats concordants dans tous les cas, selon Sean Connolly.
 
«Cette approche pourrait être appliquée à un large spectre d'espèces menacées pour lesquelles des estimations directes de mortalité sont lacunaires», estime le co-auteur de la recherche, Mizue Hisano.



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