Saint-Alban: insuffisances du risque incendie

Le 17 mai 2005 par Christine Sévillano
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Une inspection de l'ASN a mis en lumière des dysfonctionnements dans les moyens de lutte contre le risque incendie à la centrale nucléaire de Saint-Alban en Rhône-Alpes. Elle observe d'ailleurs que certains défauts relevés sont également constatés dans d'autres installations nucléaires.

Les risques incendie de la centrale nucléaire de Saint-Alban (Isère) ne sont pas encore suffisamment pris en compte, comme l'ont récemment constaté les inspecteurs de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN). «Nous avons décidé de faire une visite inopinée de nuit le 25 avril, au moment où les risques sont plus élevés étant donné que le personnel est moins nombreux et nous avons remarqué deux graves dysfonctionnements», explique Christophe Quintin, responsable de la division ASN de la Direction régionale de l'industrie, de la recherche et de l'environnement (Drire) de Rhône-Alpes.

Les inspecteurs ont procédé à un exercice incendie en activant un détecteur et celui-ci n'a pas déclenché l'alarme incendie, mais seulement une alarme «défaut» en salle de commande. Les agents de la centrale vont donc devoir vérifier s'il s'agit d'une panne sur le détecteur ou sur l'ensemble du système de détection. Second défaut: la remise en état de la sectorisation incendie. En effet, à Saint-Alban comme dans d'autres centrales, EDF fait des travaux de remise à niveau des systèmes incendie qui nécessitent de faire des trémies, des trous qui permettent de faire passer des câbles. «C'est un dysfonctionnement déjà constaté: les agents doivent reboucher ces trémies pour la nuit car en cas d'incendie, les flammes seraient intensifiées par des appels d'air», poursuit Christophe Quintin qui a pensé mettre en demeure le site pour cette raison. Il lui a donné 15 jours pour remédier à l'organisation des travaux et que cet aspect soit intégré par les agents.

D'autres irrégularités ont été relevées comme la présence de stockages interdits, notamment des cartons, en raison de leur capacité à alimenter un incendie. Les analyses de risque ont également présenté des lacunes. «La situation est similaire dans d'autres centrales. La raison tient à l'insuffisance de formation des agents de conduite qui sont en charge du risque incendie, alors que dans d'autres industries, il existe des équipes dédiées», affirme le responsable de l'ASN.

Les travaux pour des remises aux normes incendies des centrales nucléaires ont débuté en 1998 sous la pression de l'ASN, qui avait alors noté la sous-évaluation du risque incendie dans les installations nucléaires. Les aménagements du parc français devraient prendre fin en 2006.




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