Sahara: vent mauvais sur le sud de l’Europe

Le 04 avril 2016 par Romain Loury
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17,5% des jours à Marseille
17,5% des jours à Marseille

Chargée en particules PM10, la poussière du Sahara constitue un risque sanitaire pour les villes du sud de l’Europe, confirme une étude publiée dans la revue Environmental Health Perspectives (EHP). A quantité équivalente de particules, cette pollution est aussi délétère que celle issue de la circulation urbaine.

C’est un vent d’exotisme qui n’a rien de bon: issue du Sahara, parfois de la péninsule arabique pour la Méditerranée orientale, la poussière du désert est riche en particules PM10. Or certaines villes du sud de l’Europe y sont fréquemment exposées, à des niveaux pouvant faire craindre des effets sanitaires.

Massimo Stafoggia, épidémiologiste au Service régional de santé du Latium (Rome), et ses collègues ont étudié 13 villes du sud de l’Europe, aussi bien en Italie (Palerme, Rome, Milan, etc.), en Espagne (Madrid, Barcelone), en Grèce (Athènes, Thessalonique) qu’en France (Marseille).

Premier constat, elles constituent entre 25% et 40% des PM10 totaux lorsqu’elles soufflent sur la ville, à savoir 28,5% des jours à Palerme et 17,5% à Marseille. La fréquence et l’abondance de ces particules s’élèvent du nord vers le sud et de l’ouest vers l’est.

Mêmes effets délétères

En leur présence, on observe, comme pour les PM10 issues de la circulation automobile, une recrudescence des problèmes sanitaires: toute hausse de 10 µg/m3 est liée à une augmentation de 0,65% du taux de décès et d’hospitalisation, contre 0,55% pour les PM10 d’origine non désertique.

La surmortalité cardiovasculaire est même plus élevée avec ces PM10 du désert qu’avec les autres (+1,10% contre +0,49% pour toute hausse de 10 µg/m3), alors que la surmortalité respiratoire est plus basse (+1,28% contre +2,46%).

Selon les chercheurs, «l’une des conséquences du changement climatique sera d’accélérer la désertification dans les régions arides et semi-arides, ce qui implique une augmentation des vents de poussière dans un futur proche. La mise en évidence d’effets sanitaires renforce la nécessité de mieux contrôler les sources d’origine humaine, particulièrement lorsque les poussières du désert sont à niveau élevé».



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