Sachons recycler le CO2

Le 12 octobre 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Injecter du CO2 pour doper la production de pétrole est un recyclage possible.
Injecter du CO2 pour doper la production de pétrole est un recyclage possible.

Dans un rapport mis en ligne mardi, l'Ademe propose une douzaine de voies de recyclage du CO2 superflu. Si certaines sont bien connues, la plupart sont encore dans les cartons des scientifiques.

 

Même si la meilleure des idées pour lutter contre le changement climatique est d’éviter d’émettre des gaz à effet de serre (GES), nous produirons encore longtemps certain d’entre eux. A commencer par le gaz carbonique.

 

Ce banal constat a conduit l’Ademe à engager une réflexion sur les valorisations possibles de ce CO 2. L’agence publie aujourd’hui le fruit de ses réflexions. Hormis la séquestration géologique du carbone, qui ne permet pas d’utiliser industriellement le gaz carbonique, les auteurs de l’ étude ont identifié une douzaine de valorisations possibles de ce gaz devenu superflu.

 

Utilisée depuis des décennies par les pétroliers américains, la récupération assistée de pétrole [on injecte du CO2 dans le puits de pétrole pour accroître la pression sur l’huile et en récupérer davantage] est sans doute le mode de recyclage du gaz carbonique le plus connu. Il permet aujourd’hui d’injecter sous terre (pas toujours définitivement hélas) une quarantaine de millions de tonnes de dioxyde de carbone. Soit l’équivalent de deux années d’émission d’une très grosse centrale au charbon. Malheureusement, le potentiel d’expansion est faible. Au mieux, les compagnies pétrolières pourraient enterrer une cinquantaine de millions de tonnes par an vers 2015.  

 

L’industrie offre, elle aussi, de petits débouchés au gaz carbonique. En l’utilisant comme réfrigérant, gaz pour les sodas ou comme solvant, les industriels pourraient détourner de l’atmosphère (parfois pour quelques jours) quelques dizaines de millions de tonnes de dioxyde de carbone par an. Pas suffisant non plus pour faire la différence.

 

La chimie est plus prometteuse. La fabrication de polycarbonates permettrait de fixer environ 500 millions de tonnes de CO 2 par an. Une façon comme une autre de « neutraliser » les émissions d’un pays comme la France.

 

En utilisant les capacités « absorbantes » de certains résidus miniers (d’amiante, par exemple), les géologues pourraient aussi minéraliser de grandes quantités de gaz : au moins quelques centaines de millions de tonnes par an.

 

Plus étonnant, la production de carburants et de combustibles de synthèse semble la voie la plus productive pour recycler de grands volumes de dioxyde de carbone. Que l’on développe l’hydrogénation, la culture des micro-algues, le reformage à sec ou la photoélectrocatalyse, c’est en milliards de tonnes par an qu’il faut compter le CO 2 extrait de l’atmosphère.

 

Problème, la plupart des ces dernières technologies existent dans les cartons ou à l’état de prototype. Et toutes ne sont pas sobres sur le plan énergétique ni respectueuses de l’environnement.

 

Raison de plus pour concentrer les efforts sur la réduction des émissions de GES.



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