Sable coquillier: un recours pour empêcher les travaux

Le 31 août 2016 par Marine Jobert
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Le peuple des dunes manifeste en 2012.
Le peuple des dunes manifeste en 2012.
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Des opposants ont déposé un référé-suspension pour empêcher le démarrage imminent des travaux d’extraction de sable coquillier au large des Côtes d’Armor et du Finistère. Un héritage d’Emmanuel Macron.

Les ministres des finances passent, mais leurs décisions restent. Celle d’Emmanuel Macron, démissionnaire de son poste hier 30 août, d’autoriser la Compagnie armoricaine de navigation (CAN) à exploiter les sables calcaires coquilliers de la Pointe d’Armor, n’en finit pas de faire des remous. Publié en septembre 2016, le décret fait l’objet d’un recours en annulation devant le Conseil d’Etat, quand les autorisations de travaux délivrées par le préfet attendent un jugement sur le fond devant le tribunal administratif de Rennes.

Dommages à l’environnement

Problème: ces recours ne sont pas suspensifs et le démarrage des travaux est imminent. Or les dommages à l’environnement causés par l’extraction de «trez», utilisés par les agriculteurs pour amender des terres granitiques fort acides, seront colossaux, assure ‘Le peuple des dunes en Trégor’. C’est pourquoi ce collectif de défense de l’environnement, de l’emploi, du tourisme et des activités nautiques a saisi le tribunal administratif de Rennes d’un référé-suspension, pour que soient suspendues les autorisations de travaux jusqu’aux décisions sur le fond. L’audience s’est tenue le 30 août.

Comité de suivi inutile

En attendant, le président du collectif ne ménage pas le nouveau leader de ‘En marche’, le rappelant à ses engagements dans ce dossier, dont la plupart ont tourné à la farce. «En juin 2015, il avait promis que le travail d’évaluation et de suivi serait réalisé par un bureau ‘pleinement indépendant’, sur la base d’une méthodologie qui serait définie par l’Ifremer et l’Agence des aires marines protégées, rappelle Alain Bidal. Plus d’un an plus tard, c’est la CAN elle-même qui a réalisé cette étude, «sans méthodologie, sans critères et sans paramètres bien définis. Comment voulez-vous qu’on puisse suivre les conséquences des travaux dans le temps?» Le comité de suivi promis par le ministre a certes le mérite d’être un lieu d’information, «mais aucun comité de ce genre n’a jamais fait stopper une extraction de granulats en mer». C’est donc sur le fond et par le droit que les opposants entendent ferrailler.

Hippocampes et étoiles de mer

A l’appui du référé-suspension, le collectif a produit une vidéo des fonds marins sur et des alentours de la zone. «Contrairement à ce que dit le dossier d’enquête publique, il n’y a pas ‘rien’ là-dessous, détaille Alain Bidal. On y trouve beaucoup d’algues différentes, des hippocampes et des étoiles de mer par exemple.» Une océanographe a rédigé un mémoire pour appuyer ces observations, versé aux débats. «Cette dune est le refuge du lançon, insiste le président du collectif. C'est le poisson-fourrage des poissons prédateurs, comme la raie, le bar, le turbot, qui font vivre 48 bateaux de pêche rien que dans la zone.» Autant de ressources qui risquent d’être pétrifiées, voire asphyxiées par le panache turbide des rejets de particules fines des cargo-sabliers. Pour extraire 1.000 mètres cubes de sable, 4.400 m3 d’eau, contenant 11 tonnes de sédiment, sont rejetés en mer. En outre, la pollution sonore et lumineuse engendrée par une exploitation 24 heures sur 24 nuira au tourisme et au nautisme, assurent les professionnels.

 

A l’audience, la représentante de la CAN a admis que les travaux devaient débuter début septembre. Le juge a assuré que la décision porterait bien sur les incidences environnementales des travaux. La décision devrait être rendue la semaine prochaine.

 

 



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