Sable coquillier: l’extraction est suspendue

Le 10 novembre 2016 par Marine Jobert
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La mobilisation semble avoir payé.
La mobilisation semble avoir payé.
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Le projet, combattu de toutes parts, s’enlise dans les sables de la campagne électorale qui approche. Les préfets en charge ont préféré ne pas renouveler l’autorisation d’exploiter du sable coquillier au large de Lannion. Un répit pour des opposants qui ne baissent pas la garde.

«Par souci d’apaisement», les préfets des Côtes d’Armor et du Finistère ont préféré ne pas octroyer à la compagnie armoricaine de navigation (CAN) un nouvel arrêté d’exploitation de sable coquillier dans la baie de Lannion. Si l’Etat reconnaît n’avoir aucun reproche rédhibitoire à formuler à l’encontre de la CAN, il préfère toutefois attendre que le recours déposé par les opposants contre le décret autorisant l’extraction de 250.000 mètres cubes par an de ‘trez’ ait été jugé au fond par le Conseil d’Etat (voir encadré).

Opposants vigilants

«On est très loin d’une reprise prochaine de l’extraction», a précisé Pierre Lambert, préfet des Côtes d’Armor, qui participait ce 8 novembre à la troisième réunion de la commission de suivi, d’information et de concertation. «Dans ce contexte, [nous] sommes plutôt rassurés, du moins dans le court et moyen terme, ont déclaré les associations, usagers, élus et habitants opposés au projet dans un communiqué. Mais tant que l’extraction ne sera pas définitivement annulée, [nous] resterons vigilants.»

Le même jour se tenait devant le Conseil d’Etat l’audience de fond sur la validité du titre minier. Le rapporteur public, tout en reconnaissant des insuffisances, des omissions et des erreurs dans l’enquête publique, n’a pas préconisé de retoquer la décision du ministre de l’économie. Le recours devrait donc être rejeté d’ici quelques semaines. Les recours contre les arrêtés préfectoraux (pris en application de l’arrêté qui risque d’être confirmé par le Conseil d’Etat) devraient prochainement être audiencés devant le tribunal administratif de Rennes. A suivre.

Etudes à actualiser

Sur la table, le rapport du Conseil général à l’environnement et au développement durable (CGEDD), accompagné d’une missive de Ségolène Royal, qui estime que l’extraction n’est «pas indispensable compte tenu des stocks existants et des besoins à la baisse pour l’assolement en Bretagne». Un enterrement de première classe de la part d’une ministre qui avait assuré les opposants de son soutien politique et juridique. Ses inspecteurs, après avoir vérifié que l’exploitant s’était correctement acquitté des obligations qui lui avaient été fixées, ont estimé que la CAN avait «respecté sur le plan formel [ses] obligations». Mais ils pointent des insuffisances sur le volet halieutique, et notamment sur le cycle de vie des lançons, ces poissons si appétants pour quantité d’espèces. Un protocole d’exploitation permettant de minimiser la dispersion du panache turbide et un approfondissement des besoins en sable coquillier dans la région Bretagne et des conséquences économiques et sociales de cette activité en baie de Lannion devront également être actualisés, estiment les inspecteurs.

La CAN paie notamment pour son passage en force de septembre dernier quand, nuitamment, moins de 48 heures après le rejet d’un recours d’opposants très déterminés, elle avait procédé à ses premières extractions sur la zone de la pointe d'Armor.

 

 



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