RWE: du charbon à la neutralité carbone

Le 04 octobre 2019 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
Les énergies renouvelables produiront 60% des résultats du groupe.
Les énergies renouvelables produiront 60% des résultats du groupe.
RWE

Premier émetteur européen de CO2, l’énergéticien allemand entend réduire à néant ses émissions en 20 ans. Et sans planter la moindre forêt.

Il n’y a pas si longtemps, RWE était la bête noire des activistes pro-climat. Gros exploitant de centrales au charbon et au lignite, le premier producteur d’électricité allemand a émis jusqu’à 180 millions de tonnes de CO2 par an (en 2012): un record européen. Ce chiffre sera réduit d’un tiers en 2020.

En terme d’intensité carbone, le géant d’Essen arrive bon second (770 grammes de CO2 émis par kWh produit), juste derrière le grec DEI (1.000 g CO2/kWh). Propriétaire de quatre mines de lignite, à proximité de Cologne (dont l’exploitation grignote la terre), RWE est aussi sous le coup d’une plainte déposée, en 2017, par un agriculteur péruvien estimant que les dérèglements climatiques au Pérou sont imputables aux émissions carbonées de RWE.

révision à la hausse des objectifs

Cela commence à faire beaucoup pour une seule entreprise. Laquelle voit aussi arriver la fin du charbon en Allemagne (2040) et une révision à la hausse des objectifs climatiques allemands et européens.

Pour s’adapter à cette nouvelle donne, le conglomérat centenaire vient de se fixer un but inimaginable, il y a encore peu: la neutralité carbone en 2040. Annoncé, le 30 septembre par le P-DG, Rolf Martin Schmitz, ce nouvel objectif sera atteint au prix de trois évolutions.

moins de thermiques

L’ancienne Rheinisch-Westfälisches Elektrizitätswerk fermera, d’ici à 2038, ses anciennes centrales au charbon. Les chaudières des installations plus récentes, comme celles des centrales néerlandaises, seront adaptées pour brûler de la biomasse. Pour le moment, RWE exploite 16 GW de capacité au lignite et au charbon (le tiers de son parc de production).

Le groupe va aussi mettre en œuvre l’accord stratégique conclu en mars 2018 avec son concurrent E.ON. Au terme de cet accord, E.ON doit céder à RWE ses activités renouvelables (près de 9 gigawatts de centrales solaires et éoliennes en exploitation et 2,6 GW en construction) qui seront intégrées dans Innogy, filiale «renouvelable» de RWE. Par la suite, E.ON rétrocédera ses parts dans leurs centrales nucléaires communes (Emsland et Gundremmingen).

plus de renouvelables

Pour développer ses activités décarbonées, RWE consacrera 1,5 milliard d’euros par an à développer les parcs éoliens et solaires, ainsi que ses capacités de stockage. En 2030, les énergies «vertes» devront générer 60% des résultats du groupe, indique Markus Krebber, directeur financier de RWE.

Pour réduire les aléas de la production intermittente des énergies renouvelables, RWE va enfin construire des centrales à gaz, uniquement alimentées en biogaz, insiste l’électricien.



Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus