Ruthénium russe: le mystère demeure

Le 09 novembre 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
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La source d'émission du ruthénium se trouve probablement en Russie.
La source d'émission du ruthénium se trouve probablement en Russie.
IRSN

L’IRSN estime que le lieu d’émission «le plus probable» du radioélément se situe en Russie.

 

La première alerte a retenti fin septembre. Et plusieurs semaines durant, les réseaux de mesure de la radioactivité, en Europe, ont détecté du ruthénium 106 dans l’atmosphère à des niveaux de l’ordre de quelques millibecquerels par mètre cube d’air. Début octobre, les stations de Nice ont mis en évidence des traces du radioélément: 46 microbecquerels/m3 d’air.

pas d'incident déclaré

Aucun pays n’ayant déclaré d’incident, les instituts de recherche ont mené l’enquête. En se basant sur une estimation de la quantité de radioéléments (entre 100 et 300 térabecquerels) relâchés et sur le régime des vents observé ces dernières semaines en Europe, l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) estime que la zone de rejet «la plus plausible» se situe en Russie, entre la vallée de la Volga et le massif de l’Oural.

pas de réacteur impliqué

Bonne nouvelle: le rejet de ruthénium 106 seul discrédite l’hypothèse d’un incident survenu dans une centrale nucléaire ou un réacteur de recherche. «Si tel avait été le cas, nous aurions détecté d’autres radioéléments, et notamment du césium», indique Jean-Christophe Gariel. Pour autant, les rejets ne sont pas anodins. «A proximité du lieu d’émission, les niveaux de dose ont sûrement été importants. En France, ils auraient justifié l’évacuation des populations riveraines de l’installation», poursuit le directeur en charge de la santé à l’IRSN.

deux sites suspects

Les centrales nucléaires russes sont ainsi disculpées, mais non les usines de retraitement de combustibles usés et les centres de production de sources radioactives. Malgré les démentis des autorités russes et de Rosatom, les cités nucléaires de Mayak et de Dimitrovgrad font désormais figures de suspects numéro un. Célèbre pour le nombre et la gravité des accidents nucléaires, l’ancienne ville secrète de Tchéliabinsk 40 abrite plusieurs réacteurs plutonigènes et de nombreuses installations de traitement et de stockage de combustible. Située à quelques centaines de kilomètres à l’ouest, la seconde ville de l’atome abrite 8 réacteurs de recherche de l’institut de recherche sur les réacteurs atomiques.

 



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