Ruthénium: la Russie reconnaît (presque) sa responsabilité

Le 21 novembre 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Mayak vue du ciel.
Mayak vue du ciel.
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L’agence météo russe confirme l’existence de fortes concentrations de radioéléments aux alentours d’un important site nucléaire, situé dans l’Oural.

 

Ce n’est pas encore un aveu. Mais cela y ressemble. Lundi 20 novembre, Rosguidromet a confirmé que des concentrations «extrêmement élevées» de ruthénium-106 (Ru-106) avaient été détectées à la fin du mois de septembre dans plusieurs régions de Russie, confirmant les rapports de plusieurs réseaux européens de surveillance de la radioactivité, dont l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) français.

Mayak, de nouveau visée

Selon le service fédéral pour l’hydrométéorologie et le contrôle de l’environnement, la concentration la plus élevée du radionucléïdes a été enregistrée par la station d'Arguaïach, un village du sud de l'Oural situé à 30 kilomètres du complexe nucléaire Mayak. C’est dans cette ancienne ville secrète (connue sous le nom de Tcheliabinsk 40) que s’est déroulé l’un des pires accidents nucléaires de l'histoire, en 1957. Aujourd’hui, ce centre de recherche nucléaire abrite des réacteurs, des usines de retraitement de combustible usé et des sites de stockage de déchets radioactifs.

1.000 fois la norme

«Le radio-isotope Ru-106 a été détecté par les stations d'observation d'Arguaïach et de Novogorny» entre le 25 septembre et le 1er octobre, précise l'agence russe dans un communiqué, ajoutant qu'à Arguaïach, une concentration de ruthénium-106 «excédant de 986 fois» les taux enregistrés le mois précédent a été détectée.

L'agence météo précise que le nuage de Ru-106 a ensuite été détecté au Tatarstan puis dans le sud de la Russie, avant de voyager dès le 29 septembre «dans tous les pays européens, à partir de l'Italie».

L’aveu de Rosatom

Dans un communiqué, Greenpeace Russie a appelé Rosatom, l’entreprise publique gérant toutes les activités nucléaires russes, à «mener une enquête approfondie et à publier des données sur les événements arrivés à Mayak». L’ONG indique vouloir réclamer au parquet l'ouverture d'une enquête sur la dissimulation éventuelle d'un incident nucléaire.

Tout en reconnaissant pour la première fois l’existence d’une pollution radioactive, Rosatom a démenti, dans un communiqué mis en ligne ce 21 novembre, que le site de Mayak puisse en être à l’origine.



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