Russie: des feux qui ne s’éteindront pas de si tôt
Le 12 août 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg
Risques & Santé, Santé au travail, Santé publique, Sites & Sols, Faune et flore, Sites et sols naturels, Droits/Fiscalité Sites & Sols, Biodiversité En Russie, ce ne sont pas seulement des dizaines de milliers d’hectares de forêt qui se consument. Mais aussi des tourbières. Drainés par ordre des autorités soviétiques, ces anciens marais ont laissé la place à d’épaisses couches de tourbe. Selon Wetlands International, l’essentiel des fumées qui asphyxient les Moscovites depuis plusieurs jours est imputable à des feux de tourbière. L’ONG estime, par ailleurs, que500hectaresde tourbes sont actuellement la proie des flammes au sud et à l’est de la capitale russe.
Une mauvaise nouvelle pour deux raisons. Contrairement à celle dégagée par la combustion des arbres, la fumée des feux de tourbière produit beaucoup de particules fines, préjudiciables aux personnes atteintes d’insuffisance respiratoire. Autre problème, les feux de tourbière sont particulièrement difficiles à éteindre.
Piètre combustible, ce produit de la dégradation de végétaux millénaires est formé de couches successives qui peuvent atteindre plusieurs mètres d’épaisseur. Eteint en surface, le feu peut continuer en profondeur, pendant des mois, voire des années. Une seule chose à faire en ce cas : noyer la totalité de la tourbière, ce qui demande des volumes d’eau considérables. La tourbe étant capable d’absorber 1.000 fois son poids sec d’eau.
Mercredi 11 août, le ministère russe des situations d’urgence a d’ailleurs indiqué avoir branché deux conduites forcées, de 15 et20 kilomètresde long surla rivière Oka , pour tenter de venir à bout des incendies ravageant les tourbières des districts d’Egorev et de Koloman, situés à une centaine de km au sud-est de Moscou.
Ces caractéristiques ne réjouissent pas les sauveteurs. Comme on pouvait le craindre, plusieurs hectares de tourbe sont en feu, à quelques dizaines de kilomètres du site de Tchernobyl. Une situation qui ne présente pas de risque sanitaire particulier, ont estimé les autorités russes. Estimation confirmée, en France, par l’Institut de protection et de sûreté nucléaire (IRSN).
Selon le ministère de l’écologie, l’Hexagone compte environ60.000 hectaresde tourbières non asséchées.
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