RTE anticipe un bel été électrique

Le 25 mai 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Au coeur du dispatching national de RTE.
Au coeur du dispatching national de RTE.
VLDT

Le gestionnaire du réseau de transport d’électricité estime disposer de suffisamment de moyens de production pour satisfaire la demande estivale.

Si certains de ces derniers hivers ont été «chauds», l’été qui s’annonce ne devrait pas poser de difficulté au gestionnaire du réseau de transport d’électricité. Dans une note publiée, ce vendredi 25 mai, RTE estime que l’hexagone dispose de suffisamment de capacité de production opérationnelle pour sécuriser l’approvisionnement en électrons, même en cas de canicule.

Rivières chaudes

Pour les électriciens, la saison chaude est aussi particulière que l’hiver. Profitant de la moindre consommation, les exploitants réalisent les opérations importantes de maintenance des centrales; réduisant la capacité de production. Ces capacités peuvent être réduites par l’impossibilité (réglementaire) de rejeter de l’eau de refroidissement (chaude) dans des cours d’eau surchauffés par le soleil. Lors de la canicule de 2003, EDF a dû obtenir des dérogations pour renvoyer à la rivière les effluents liquides de plusieurs réacteurs.

de quoi satisfaire la demande

Qu’en sera-t-il de l’été 2018? Selon les plans de charge des électriciens, collectés par RTE, la capacité de production oscillera, entre juin et octobre, entre 70 et 80 GWe. A priori, largement de quoi satisfaire la demande. Le 18 juillet 2017, à 14 heures, au cœur de la canicule, la demande (dynamisée par la climatisation) n’a pas excédé 58 GWe.

Difficultés nombreuses

Pour autant, l’approvisionnement estival n’est pas un long fleuve tranquille. Il faut savoir anticiper les écarts de consommation. «On peut ainsi voir qu’au sein d’une même semaine, l’écart entre pointe et creux de consommation peut dépasser 20.000 MW (20 GWe)», souligne la filiale commune d’EDF et de la Caisse des dépôts.

Autre difficultés à gérer: l’appétence des consommateurs étrangers pour l’électron français. Si la France ne peut exporter son excédent de production, RTE pourrait faire arrêter certaines centrales d’EDF, hydrauliques puis nucléaires.

rude intermittence

Ce problème pourrait devenir récurent à mesure que se développent les énergies intermittentes (solaire, éolien), dont la production n'est pas toujours alignée sur les périodes de forte consommation. Or, les capacités éoliennes et photovoltaïques ne cessent, en effet, de progresser. Cet été, la puissance éolienne dépassera les 14 GW (+1,7 GW en un an), contre 7,9 GWc pour le photovoltaïque (+0,9 GWc).

quid de la météo?

Il faut aussi composer avec la météo. Selon l’état du ciel, la couverture estivale de la consommation par la production photovoltaïque peut varier de 3% à 12%, calcule RTE. Plus il fait chaud, moins il y a de vent. L’été, le facteur de charge moyen des éoliennes passe de 18% à 12%. Fort heureusement, les pluies du printemps ont bien rempli les lacs de barrages hydroélectriques qui retrouvent leur niveau moyen de ces dix dernières années.

Après avoir modélisé des milliers de scenarii, RTE estime qu’il disposera dans le pire des cas (grosse canicule et gros volumes d’exportation) de plus de 4 GWe de marge durant tout l’été et de 5,5 GWe, en tenant compte des interconnexions. De quoi voir venir l’automne sereinement.



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