Roybon: les 4,7 millions de subventions de Laurent Wauquiez à Pierre&Vacances

Le 13 avril 2016 par Marine Jobert
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Laurent Wauquiez, le nouveau président de la région Auvergne-Rhône-Alpes.
Laurent Wauquiez, le nouveau président de la région Auvergne-Rhône-Alpes.
DR

Dans un contexte d’austérité, le conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes s’apprête à accorder 4,7 millions d’euros au projet de Center Parcs de Roybon. La justice n’a pas dit son dernier mot dans ce dossier très contesté pour des motifs environnementaux, mais aussi économiques et financiers. Une lettre ouverte a été envoyée aux 204 élus pour les inviter à s’informer et à réfléchir au projet avant de voter.

Neuf mois après le coup d’arrêt infligé par la justice au projet d’implantation d’un Center Parcs à Roybon (Isère), le politique se porte au secours du groupe Pierre&Vacances. Laurent Wauquiez, le président du conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes, va proposer, dans le cadre du vote du budget de la nouvelle région le 14 avril, que soit approuvée une autorisation de programme de 4,7 M€ au profit du projet décrié. Une subvention qui a fait bondir les opposants à ce village-vacances d’un millier de ‘cottages’, sis sur 150 hectares au nord du plateau du Vercors, en pleine forêt, où seraient également construits des restaurants et des commerces autour de l’Aquamundo, une bulle transparente maintenue à 29°C.

Réservoir d’eau

Dans une lettre ouverte, l’association ‘Pour les Chambaran sans Center Parcs» (PCSCP) s’attache à convaincre les 204 élus du nouveau conseil général «des incohérences environnementales, économiques et financières» du projet. Réservoir d’eau «exceptionnel et fragile» en sous-sol, maillé par des zones humides «abritant une flore et une faune caractéristiques (…) qui ne résisteraient pas aux travaux de terrassement et d’infrastructures», le site convoité se trouve sur un territoire en tête de plusieurs bassins versants classés en réservoirs biologiques par le schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux (Sdage) Rhône-Méditerranée, et faisant l’objet d’un contrat de rivière.

Niches fiscales

Les opposants dénoncent également le mode de financement inhérent à l’empire touristique qu’est devenu Pierre&Vacances, acquéreur de la marque ‘Center Parcs’ en 2003. «Le groupe ne doit son fonctionnement et sa survie qu’à la reconduction infinie de nouveaux programmes immobiliers», soutenus par des niches fiscales ou des financeurs institutionnels. «Dès lors que l’on prend en compte la somme des aides publiques allouées à cette opération, les retombées économiques nettes pour la région deviennent très discutables et personne jusqu’à présent ne s’y est aventuré: aucune retombée économique indépendante sérieuse n’a été présentée sur ce projet.»

Budget non accessible

Le détail du budget, intitulé «Un budget de rupture, pour mettre fin aux gaspillages», et qui prévoit 75 M€ d’économies, n’était malheureusement pas accessible au public (et aux journalistes) la veille des votes. En 2009, rappelle Le Dauphiné libéré, la région avait déjà accordé 7 M€ pour que le projet sorte de terre. Le groupe Pierre&Vacances avait fait appel en juillet 2015 de la décision du tribunal administratif, qui critiquait notamment les mesures de compensation prévues par le groupe. L’arrêt de la cour administrative d’appel n’a pas encore été rendu.

 

 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus