Royaume-Uni: les blaireaux aux abris pour une troisième année

Le 31 août 2015 par Romain Loury
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Une efficacité très limitée
Une efficacité très limitée
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Le Royaume-Uni n’en démord pas: pour enrayer la tuberculose bovine dans les élevages, son gouvernement a annoncé vendredi 28 août une troisième campagne d’abattage des blaireaux, l’étendant même à un troisième comté du sud-ouest. Sans aucun résultat, la maladie diminuant peu dans les troupeaux.

Après le Gloucestershire et le Somerset, le Dorset: fort touchés par la tuberculose bovine, ces trois comtés du sud-ouest de l’Angleterre vont faire l’objet, d’ici janvier 2016, de 6 semaines d’abattage des blaireaux, l’un des hôtes sauvages de cette maladie. Objectif, un minimum de 935 individus à abattre, un maximum de 2.038.

Si, contrairement à la première campagne de 2013, le département de l’environnement, de l’alimentation et des affaires rurales (Defra) n’a pas publié les chiffres de la deuxième (2014) cette année, ils semblent une fois de plus loin d’avoir atteint le seuil de 70% de blaireaux abattus, que plusieurs experts jugent nécessaire pour réduire la circulation de la maladie.

Dans le Somerset, les chasseurs auraient même fait moins bien en 2014 qu’en 2013, lorsque «seulement» 48% des blaireaux du comté avaient été tués –et 39% dans le Gloucestershire. Peu efficace pour le contrôle des blaireaux, leur abattage ne le serait que très marginalement en ce qui concerne la maladie chez les bovins.

Très peu d’effet sur les élevages

Après plusieurs années de hausse, le nombre d’élevages concernés n’a en effet diminué que de 4,7% entre 2013 et 2014 dans les régions les plus touchées, contre une baisse de 14,6% sur l’ensemble du pays. Et les premiers chiffres nationaux pour 2015 suggèrent même une stagnation.

Pour le président de l’association Badger Trust, Peter Martin, «le gouvernement et le lobby agricole continuent à jouer la carte des blaireaux afin de masquer leur échec à enrayer la maladie». En menant une campagne active de dépistage et de contrôle des transports de bovins, le Pays de Galles est quant à lui parvenu à diminuer l’incidence de 28% depuis 2008, et à réduire les abattages de troupeaux de 45%.

Pour le directeur de l’association, Dominique Dyer, «les propres données du Defra suggèrent que si 15% des blaireaux sont testés positifs pour la tuberculose bovine, seuls 1,6% sont capables de la transmettre. Parmi eux, 98,4% ne posent aucun risque pour le bétail, et 85% en sont probablement indemnes. Essayer de contrôler la maladie en massacrant les blaireaux n’a donc aucun sens».

D’autant que, parmi les blaireaux tués, le Defra n’a aucune idée du pourcentage de ceux réellement porteurs de la maladie, aucun test n’étant pratiqué après le tir.

Publiée par la revue Nature en juillet 2014, une étude de modélisation avait montré qu’empêcher toute transmission par l’environnement, donc par la faune sauvage, ne diminuerait que de 15% le nombre de cas en élevage, alors que 84% des cas s’expliquent par des transports d’animaux. Et diminuer la transmission locale de 50%, objectif pour l’instant sans succès des campagnes, n’aurait même aucun effet significatif.



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