Royaume-Uni : L’hydraulique laisse la place au nucléaire

Le 18 octobre 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les barrages de la Severn auraient pu produire 5% de l'électricité britannique.
Les barrages de la Severn auraient pu produire 5% de l'électricité britannique.

Londres vient d’annoncer l’abandon d’un ambitieux projet de production d’électricité à partir de centrales marémotrices. A la place, l’administration Cameron devrait donner son aval à la construction de nouvelles centrales nucléaires.

 

Le serpent de mer de la Severn vient à nouveau de plonger. Et cette fois, la sonde devrait durer longtemps. Ce lundi 18 octobre, le secrétaire britannique à l’énergie et au climat a indiqué qu’au vu de l’étude de faisabilité, également publiée aujourd’hui, le projet d’aménager l’estuaire du fleuve séparant l’Angleterre du Pays de Galles n’avait plus aucun caractère « stratégique ». Une déclaration qui ne peut manquer d’étonner les observateurs.

 

L’idée de barrer cet imposant estuaire pour utiliser la force motrice de la marée n’est pas nouvelle. Les premiers projets ont émergé dès le milieu du XIXe. Durant le siècle suivant, les ingénieurs planchèrent sur 8 façons d’exploiter le fantastique potentiel marémoteur du fleuve. Sans succès. Jusqu’à ce qu’en 2007, Evans Engineering propose de bâtir une série de 5 barrages hors normes. D’une capacité totale de plus de 11.000 mégawatts (48 fois la puissance installée de la centrale bretonne de la Rance !), ces centrales auraient produit en permanence 5 % du courant britannique. Permettant au Royaume-Uni d’atteindre ses objectifs en matière de production « d’énergie propre » tout en sécurisant son approvisionnement d’électricité.

 

Validé par la Commission du développement durable en 2007, le projet n’avait plus qu’à passer l’écueil de l’étude de faisabilité. Un écueil fatal. Pesant ses 75 pages, le document rappelle que la construction de tels ouvrages changerait le régime des eaux, modifierait le biotope (les abords de l’estuaire sont une zone humide très apprécié de l’avifaune), perturberait sans doute le cycle de reproduction des saumons. Mais l’argument massue est bien sûr le coût de l’opération : 32 milliards de livres (36,5 milliards d’euros). Avec un tel devis, les électriciens sont quelque peu réticents à s’engager. Londres devrait donc assumer l’intégralité des risques financiers de l’opération. Trop cher, alors que les caisses du Chancelier de l’échiquier sont vides.

 

Pour autant, Londres n’entend pas mettre un terme à la décarbonisation de la production d’énergie. « J’en ai assez des postures des partisans des énergies renouvelables et du nucléaire qui pensent que l’on ne peut pas faire les deux », s’énerve Chris Huhne, le secrétaire à l’énergie et au climat. « Nous avons très rapidement besoin d’investir dans de nouvelles et diverses sources de production d’énergie. Nous aurons besoin des renouvelables, du nucléaire, des combustibles fossiles avec séquestration géologique du carbone, et des réseaux de transport pour les relier aux réseaux de distribution. » Et effectivement, il faudra faire vite. Car le quart des centrales électriques britanniques seront atteintes par la limite d’âge à la fin de la décennie.

 

Pour le moment, c’est le nucléaire — en principe financé exclusivement par le secteur privé — qui tient la corde. L’administration Cameron pourrait, en effet, bientôt donner son feu vert au démarrage de la construction de réacteurs Westinghouse et Areva sur 8 sites : Bradwell, Hartlepool, Hinkley Point, Oldbury, Sellafield, Sizewell, Heysham et Wylfa. Un détail : comme tout responsable du parti des libéraux-démocrates, Chris Huhne était fermement opposé à l’énergie nucléaire. Avant d’entrer au gouvernement.

 

 



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