Royaume-Uni: an apple a day, 8.400 enterrements en moins

Le 08 janvier 2014 par Romain Loury
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Des bienfaits de la pomme à croquer
Des bienfaits de la pomme à croquer

Selon le vieil adage britannique, manger une pomme par jour tiendrait le docteur à distance… tout en prévenant chaque année dans le pays 8.400 décès d’origine cardiovasculaire, selon une étude publiée dans le British Medical Journal (BMJ).

Le dicton viendrait d’une citation publiée en 1866 dans la revue Notes and Queries, «Eat an apple on going to bed, and you'll keep the doctor from earning his bread» («Mangez une pomme au coucher, et vous empêcherez le médecin de gagner son pain»). Près de 150 ans plus tard, il garde toute son actualité, comme le montrent trois chercheurs en santé publique de l’université d’Oxford.

L’équipe a mené une modélisation mathématique afin d’évaluer le nombre d’accidents cardiovasculaires mortels qui pourraient être évités, chaque année, au Royaume-Uni, si 70% de ses plus de 50 ans consommaient une pomme par jour.

Résultat: 8.500. Soit presque autant que les 9.400 décès évités si la même population consommait des statines, médicaments prescrits en prévention cardiovasculaire. Les pommes repassent en tête dès lors que tout adulte de plus de 30 ans en consomme une par jour, avec 11.000 décès évités par an. A l’inverse, il s’avérerait difficilement acceptable de faire gober des statines à tout adulte.

 

Les pommes plus coûteuses, mais moins risquées

Vu le faible prix de ces médicaments et celui élevé des fruits et légumes au Royaume-Uni, l’option médicamenteuse est a priori moins coûteuse: 180 millions de livres sterling, contre 260 millions avec les pommes (soit 218 et 314 M€).

Les chercheurs n’ont en revanche pas tenu compte de la prise en charge des effets indésirables des statines, notamment musculaires et diabétiques. Quant aux pommes, «si ce n’est l’angoisse de s’apercevoir que son fruit est gâté, ou d’y découvrir la moitié d’un ver, aucun effet indésirable ne fait vraiment l’unanimité», ironisent-ils.

En France, les statines ont fait l’objet d’un livre très critique début 2013, dans lequel son auteur, le médecin Philippe Even, accusait ces médicaments anti-cholestérol d’être sans aucune efficacité contre les accidents cardiovasculaires.

Tout en reconnaissant un «certain mésusage» en France, la Haute autorité de santé (HAS) avait rappelé leur intérêt «indiscutable» en prévention secondaire, c’est-à-dire après un accident cardiovasculaire, ainsi «qu’en prévention primaire (avant un accident): les statines sont à réserver aux personnes qui sont à haut risque, c’est-à-dire qui cumulent plusieurs facteurs de risque tels qu’un diabète, une hypertension artérielle, un tabagisme...».



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