Round-up: toxicité à faible dose sur des cellules humaines

Le 16 janvier 2009 par Sabine Casalonga
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Une étude française (1) démontre pour la première fois la toxicité de l’insecticide Round-up à des dilutions très faibles sur des cellules humaines, un résultat «préoccupant» qui mérite confirmation par des essais chez l’animal.

Gilles-Eric Séralini, professeur en biologie moléculaire à l’université de Caen et expert des organismes génétiquement modifiés (OGM) et sa collègue Nora Benachour, ont montré que 4 formulations distinctes du Round-up induisaient la destruction en 24 heures de 3 types de cellules humaines (cordon ombilicale, placenta et embryon) à une dilution d’un facteur 100.000. «C’est la première fois que l’on démontre une toxicité du Round-up à des concentrations si faibles», souligne Gilles-Eric Séralini. Or, ce taux de dilution est largement inférieur à celui utilisé par les agriculteurs (1 à 2%) et correspond à des concentrations faibles de résidus susceptibles d’être retrouvées dans les aliments.

En outre, l’étude montre que la toxicité du Round-up ne dépend pas uniquement de la concentration en glyphosate, sa principale substance active, mais qu’elle est amplifiée par la présence de certains adjuvants considérés, à tort, comme inertes. «C’est grandement sous-estimé par la réglementation actuelle qui fixe des seuils de contamination dans les aliments pour le glyphosate, quelle que soit sa formulation de vente», indique dans un communiqué le Comité de recherche et d’information indépendantes sur le génie génétique (Criigen), une association dont Gilles-Eric Séralini dirige le comité scientifique, et qui a financé une partie de ses travaux. «Ce résultat est intéressant car les études ont souvent tendance à se focaliser sur l’évaluation des substances actives, en oubliant que les composés adjuvants ne sont pas si innocents», ajoute Robert Barouki, professeur de biochimie et directeur de l’unité Pharmacologie, toxicologie et signalisation cellulaire à l’Inserm.

Le Criigen réclame une révision des autorisations d'utilisation de ces désherbants et plaide en faveur de la publication «des analyses de sang détaillées de chaque mammifère ayant reçu de l'herbicide lors des tests réglementaires avant autorisation commerciale». Le Mouvement pour le droit et le respect des générations futures (MDRGF) a salué cette étude et s’est associé aux demandes du Criigen. François Veillerette, président du MDRGF s’inquiète de la présence de résidus de glyphosate et de ses adjuvants dans les sojas OGM importés en Europe servant à l’alimentation animale.

De fait, les chercheur soulignent que «les formulations de Round-up commercialisées sont donc susceptibles d’engendrer des effets néfastes sur les cellules humaines via l’ingestion d’aliments contaminés». Un risque particulièrement élevé pour les femmes enceintes et les fœtus, d’après Gilles-Eric Séralini. Néanmoins, il ne s’agit pour l’instant que de résultats obtenus dans des conditions expérimentales particulières dont l’extrapolation aux conditions d’exposition réelle pour l’homme «se révèle difficile et réclame de la prudence», estime le toxicologue Robert Barouki. Ce dernier admet toutefois la nécessité de ne pas négliger ces résultats «préoccupants» et de les confirmer dans des essais chez l’animal. «Ce sera la prochaine étape», confirme Gilles-Eric Séralini qui tente d’obtenir des crédits pour la poursuite de ses travaux.

Les herbicides de type Round-up sont les plus vendus au monde et les plus répandus sur la majorité des OGM cultivés qui en contiennent des résidus, comme le soja au Roundup, le principal OGM importé en Europe, indique le Criigen dans son communiqué.

(1) «Glyphosate Formulations Induce Apoptosis and Necrosis in Human Umbilical, Embryonic, and Placental Cells», Nora Benachour et Gilles-Eric Seralini, Chemical Research in Toxicology (publié en ligne le 23 décembre 2008)


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