Round Up: faut-il rendre publics les documents de travail du Circ?

Le 26 octobre 2016 par Marine Jobert
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La (fausse?) polémique continue.
La (fausse?) polémique continue.
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La justice américaine exige de ses scientifiques nationaux qui ont participé au classement du Round Up comme cancérogène probable par le Centre international de recherche contre le cancer (Circ) qu’ils rendent publics leurs documents de travail. L’institution s’y refuse. L’agence environnementale américaine (EPA) est également dans le collimateur.

Cela défouraille sec contre le Circ. L’attaque vient des Etats-Unis, patrie du Round Up, que la branche cancer de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a classé comme cancérogène probable (2A) en mars 2015. Depuis, et même si l’agence européenne de sécurité des aliments (Efsa) a conclu de manière diamétralement opposée en novembre 2015, il s’agit de faire rendre gorge à ceux qui se mettent en travers de l’herbicide le plus utilisé au monde.

Lobbies en embuscade

Dernier à dégainer: The Energy and Environment Legal Institute (E and E legal), qui a obtenu par voie de justice que les chercheurs américains ayant participé à la rédaction de l’avis du Circ rendent publics les documents sur lesquels ils se sont basés pour établir la monographie dédiée au Round Up. Sous couvert de traquer «les règlementations qui ralentissent l’économie, augmentent les prix de l’énergie, suppriment des emplois et font peu, voire rien, pour améliorer l’environnement», cette organisation climato-sceptique aux financements opaques mène aussi la charge contre l’EPA. Via le Circ, c’est bien l’agence qui est visée. En témoigne le communiqué d’E and E legal, qui renvoie à un courrier du comité fédéral pour la science, l’espace et la technologie, une émanation de la chambre des représentants américaine très décriée pour ses prises de position scientifiques et présidée par un climato-sceptique notoire.

Le retour de la ‘sound science’

C’est d’ailleurs lui, Lamar Smith, qui a pris la plume le 25 octobre, pour se plaindre de Gina Mc Carthy, l’administratrice de l’EPA depuis 2013. Il l’accuse d’avoir menti lors d’une audition en juin dernier sur les liens qu’entretiennent l’EPA et le Circ. Le Républicain a surtout l’air contrarié que l’EPA ait récemment repoussé la réunion de ses experts sur le glyphosate: «Le comité est inquiet que l’EPA n’évalue pas le glyphosate en se fondant sur de la ‘sound science’.» Une expression «créée de toutes pièces par Philips Morris», rappelle Stéphane Foucart dans La fabrique du mensonge, censée rendre compte de connaissances solides et non polluées par l’idéologie. Dans les faits, les industriels sont souvent à la manœuvre.

Propriété des documents

Pris dans cette tourmente, le Circ a adopté une attitude sans ambiguïté: il a demandé à ses scientifiques de conserver par devers eux les documents réclamés par la justice américaine, comme le révèle Reuters. L’institution lyonnaise se défend de vouloir cacher quoi que ce soit, mais fait valoir que le Circ doit rester le seul détenteur de ces documents. E and E legal conteste cette lecture et plaidera devant un tribunal américain que ces documents appartiennent à l’Etat fédéral ou aux agences au sein desquelles exercent les scientifiques.



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