Rouen: défaut de sécurité d'un site Seveso

Le 08 mars 2005 par Christine Sevillano
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email

La mise en liquidation judiciaire du site Seveso Yorkshire en Normandie pose des questions de sécurité du site. Le personnel de gardiennage récemment licencié pointe du doigt des manques graves, autant pour son ancienne usine que pour le site voisin Francolor. Un avis que tout le monde ne partage pas.

Le site de Yorkshire classé Seveso seuil bas (1), situé à Oissel (Seine-Maritime), pose des problèmes de sécurité. Depuis la mise en liquidation, fin février, de cette usine de fabrication de colorants pour les papiers, les tissus et l'imprimerie, les gardiens assurant la sécurité, qui ont été licenciés sans préavis comme le reste du personnel, remettent en cause la sécurité de Yorkshire, mais aussi celle de l'usine voisine Francolor. Cette seconde entreprise classée Seveso seuil haut, qui fabrique des pigments, a été séparée de la première en 1993. Les deux sites demeuraient liés par un contrat de services: Yorkshire assurait le gardiennage, la sécurité et l'exploitation de la station d'épuration et Francolor reversait une partie des frais nécessaires au fonctionnement de ces services. "Il n'y a plus personne pour assurer les allées et venues des visiteurs, ni pour faire des rondes, pour accompagner les pompiers en cas d'incendie ou même pour assurer la surveillance de la station d'épuration", explique Laurent Biville secrétaire de la Confédération générale des travailleurs (CGT) pour Yorkshire.

Pourtant, selon Philippe Durand-Gasselin, directeur général adjoint du groupe Francolor et directeur du site d'Oissel, la partie du site qui le concerne, 25 hectares sur les 65 qu'il partageait avec Yorkshire, est sécurisée: "au niveau de la station d'épuration, nous avons réembauché du personnel de l'usine de colorants pour assurer son fonctionnement et sa maintenance". Le responsable de la cellule environnement de Yorkshire a donc été rappelé par Francolor, comme les deux personnes du laboratoire d'analyses qui s'assurent du respect des normes de rejets. Quatre techniciens ont également été réemployés par Francolor pour assurer l'entretien des réseaux d'eau et d'électricité qui incombaient auparavant à Yorkshire.

Sur le volet sécurité, Philippe Durand-Gasselin affirme avoir donné des consignes à la dizaine de personnes qui travaillent chaque soir dans l'usine pour surveiller le site et prévenir les cadres présents en cas de problème. En outre, deux personnes ont reçu une formation du Groupe d'étude de sécurité des industries pétrolières et chimiques (Gesip): elles peuvent désormais effectuer les premières interventions en cas d'incident. "Mon site est bien sécurisé et tous les employés disposent de formation sur la santé et la sécurité au travail. D'ailleurs, même si je ne suis pas tenu d'assurer la surveillance de Yorkshire, je préviendrais les autorités si je voyais du mouvement aux abords des installations de mon ancien voisin", assure le directeur de Francolor.

La situation de Yorkshire devrait être bientôt régularisée. La liquidatrice judiciaire a été mise en demeure par arrêté préfectoral de mettre en oeuvre les moyens financiers et le personnel pour sécuriser le site à l'abandon, et s'assurer qu'aucune personne malveillante ne pénètre dans les installations. Deux anciens salariés vont donc bientôt être réemployés en CDD pour deux mois, si la CGT accepte de quitter le poste de garde qu'elle occupe chaque jour.



(1): Le terme Seveso "seuil bas" correspond aux installations classées soumises à autorisation sans servitude d'utilité publique, au sens de la nomenclature des ICPE.




A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus