Ronan Dantec, la voix climatique des territoires

Le 10 décembre 2015 par Stéphanie Senet
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L'élu multiple les COP non étatiques
L'élu multiple les COP non étatiques

Sénateur de Loire-Atlantique et porte-parole Climat de la principale organisation mondiale généraliste de collectivités (CGLU[1]), Ronan Dantec défend la place des territoires dans l’atténuation et l’adaptation au changement climatique.



[1] Cités et gouvernements locaux unis

 

 

Longtemps, les collectivités n’ont pas eu droit de cité au sein des négociations climatiques. «Le protocole de Kyoto ne contient aucune référence aux territoires. Il a fallu attendre la 16e conférence onusienne (COP 16) de Cancun en 2010 pour que le texte final mentionne, pour la première fois, les gouvernements locaux et subnationaux», se souvient Ronan Dantec, qui participe aux COP et pré-COP depuis 2008. A la veille de la COP 21, les progrès sont maigres mais ils existent. «Les principales ouvertures que présente le nouveau texte de négociation concernent le rôle des acteurs non étatiques pour la période 2015-2020, c’est-à-dire sans attendre l’entrée en vigueur de l’accord de Paris», poursuit le lobbyiste. Il faut ajouter l’introduction du Technical expertise process (TEP), des lieux d’échange chargés de transmettre des expertises et des bonnes pratiques au niveau local. 

 

Speed dating et facebook

 

Ronan Dantec aime à dire qu’il pratique à la fois le speed dating et facebook. «Le speed dating car nous devons rencontrer un maximum de personnes dans un minimum de temps et facebook car nous devons savoir si nos interlocuteurs seront, ou non, nos amis», dit-il en souriant.

 

Bonne nouvelle, le rôle des collectivités dans la lutte contre la crise climatique a gagné un nombre croissant d’amis. Le groupe Mexique, Suisse, Corée ainsi que l’Union européenne et le Sénégal sont historiquement favorables à cette cause. Ils ont été rejoints par le Brésil, la Chine et les Etats-Unis, jusque-là plutôt réticents. «Cette évolution est récente. Ces Etats ont compris que sans les acteurs non étatiques, et en particulier les entreprises et les collectivités, ils n’arriveraient pas à atteindre leurs objectifs climatiques», analyse ce Brestois d’origine.

Mais certains pays du groupe G77 bloquent encore cette dynamique. Parmi eux, des pays d’Afrique et d’Amérique latine, dont le Venezuela, qui ont des systèmes politiques largement décentralisés, avec des grandes métropoles aux mains de l’opposition.    

 

Deux étapes fondatrices

 

Les collectivités ont fait leur coming-out climatique en plusieurs temps. Parmi les derniers moments forts, citons le sommet mondial de la ville durable Ecocity, qui s’est tenu à Nantes en septembre 2013, et le sommet mondial Climat et Territoires de Lyon, en juillet 2015. «C’est la première fois qu’un engagement climatique a été signé par autant de représentants de la société civile, dont des syndicats, des entreprises, des ONG, des réseaux de peuples autochtones, de femmes et de jeunes. Nous représentions 11% de la population mondiale», insiste le conseiller municipal de Nantes. Objectif: réduire les émissions de CO2 d’1,5 gigatonne en 2020.

Ronan Dantec en 6 dates
5 août 1963 naissance à Brest (Finistère)
2001 conseiller municipal de Nantes (Loire-Atlantique)
Décembre 2008 première COP à Poznan (Pologne)
25 septembre 2011 élu sénateur de Loire-Atlantique
Septembre 2013 président du comité d’organisation du sommet Ecocity à Nantes
Juillet 2015 co-pilote le sommet mondial Climat et Territoires à Lyon

 

Développement et financements

 

Mais l’approche territoriale ne suffit pas. Ronan Dantec mise sur l’indispensable lien entre les politiques climatiques et le développement, ainsi que sur la généralisation de l’accès aux financements climatiques. «La promesse des 100 milliards de dollars (94 Md€) par an pour le fonds Vert d’ici 2020 est une chose, qu’il faut bien sûr confirmer à Paris. Mais il existe d’autres solutions à notre portée, comme la réorientation des 3.000 Md$ (2.820 Md€) investis chaque jour dans le monde dans des infrastructures. Il suffirait de ne financer que des projets climato-compatibles», lance Ronan Dantec. Pour le sénateur écologiste, Paris est finalement un carrefour entre deux destinées, «assumer sa part de responsabilité et aider l’autre à le faire ou se dire que c’est foutu». Autrement dit: «Soit on choisit d’investir dans la production de panneaux photovoltaïques, soit on choisit les barbelés».



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